L’historique maison de Côte-Rôtie revoit l’habillage de ses bouteilles que le directeur-œnologue Guy Sarton du Jonchay estime davantage en phase avec les origines et le style des vins de Vidal-Fleury.

Il y a un temps pour tout, ce peut être en substance la délicate équation entre le vin et l’époque, l’offre et la demande, le contenu et le contenant, que le vigneron ou le négociant est censé apprécier pour donner son accord à l’imprimeur. Pression ! Faire une étiquette, c’est signer, accoucher, assumer. « Pourquoi faut-il changer ? », anticipe d’emblée Guy Sarton du Jonchay avant d’y répondre : « L’étiquette avait dix ans, elle avait été créée à mon arrivée dans la maison Vidal-Fleury, nous voulions résolument donner une touche contemporaine, cela concordait avec un nouveau chai, la mise en place d’une nouvelle équipe et un vin plus précis. Aujourd’hui, c’est une nouvelle étape souhaitée par la famille Guigal, propriétaire de la maison Vidal-Fleury, nous voulons affirmer les origines septentrionales et souligner la longue histoire de la marque ». De fait, le nouvel habillage regarde vers la Bourgogne avec une touche très traditionnelle où l’on retrouve le sceau, le côté parchemin et le blason de la maison.

Reste à savoir si c’est old school, kitsch, camp, craft, underground, il n’y a plus de mots français pour définir le packaging d’un vin que l’on trinque à l’afterwork. Manque le storytelling et c’est le burn-out garanti.

Laissons le soin au lecteur de se faire un avis et rappelons plutôt la belle trajectoire du nom Vidal-Fleury en Côte-Rôtie depuis 1781. Selon son directeur actuel, elle n’a pas échappé à Thomas Jefferson et, de toute évidence, elle compte au XIXème siècle, époque où les Vidal-Fleury sont des vignerons. L’activité de négoce arrive dans les années 1920 alors qu’un certain Étienne Guigal est embauché comme factotum puis maître de chai. Une soixantaine d’années plus tard, le fils d’Étienne, Marcel Guigal, achète la maison de négoce où son père a fait ses armes. C’est la belle histoire avec en sus une politique qualitative qui profitera à la réputation mondiale des Côtes-Rôties, cet assemblage mythique de syrah et de viognier. Depuis, les deux maisons demeurent indépendantes dans le style comme dans la distribution. « Les Guigal n’absorbent pas, ils veulent faire croître la maison Vidal-Fleury intrinsèquement à la leur, c’est ma mission, nous ne travaillons pas les mêmes terroirs, nous avons des méthodes de vinifications différentes, des élevages différents, et sur les marchés nous sommes concurrents, Marcel Guigal m’a demandé de les doubler », sourit Guy SDJ. En attendant le dépassement, la maison Vidal-Fleury poursuit sa politique d’approvisionnement dans les différents crus de la vallée du Rhône septentrionales ainsi qu’à Châteauneuf-du-Pape. Parmi les cuvées vedettes, on peut citer le Condrieu (40,70€), avec un viognier sur la fraîcheur, la Côte-Rôtie Brune et Blonde (50,30€), leçon d’équilibre, et bien sûr la cuvée parcellaire La Chatillonne (72,45€), un vin ciselé, racé, complexe. Il se raconte dans les ruelles d’Ampuis qu’une nouvelle cuvée parcellaire pourrait bientôt voir le jour…
La maison Vidal-Fleury vend chaque année autour d’un million de bouteilles dont 70% part à l’export. Sur la Chatillonne, des millésimes plus anciens sont toujours à la vente, à compter de 2004 et sans spéculation sur la colonne de droite…