Vendredi dernier, cet événement communautaire au croisement du vin et du web a réuni plus de 250 participants à l’Ecosystème Darwin à Bordeaux pour échanger lors de débats, conférences et ateliers. Compte-rendu.

Après une première venue à Bordeaux il y a six ans, le Vinocamp était de retour dans la capitale girondine ce vendredi pour sa 26e édition organisée en partenariat avec le CIVB. Le temps d’une journée, les participants ont échangé et débattu sur la thématique du développement durable, nouvel espace de communication, autour de la question : « consommer, produire, vendre et communiquer durable : quels enjeux et possibilités ? »

En préambule, un petit rappel de la définition du développement durable s’impose. Gare aux idées reçues, le développement durable ne se réduit pas à la seule protection de l’environnement, mais englobe trois facettes : environnementale, sociale et économique. Il est défini comme un « développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs » (définition officialisée lors du Sommet de la Terre à Rio en 1992). Ce développement doit donc être économiquement efficace tout en étant socialement équitable et écologiquement soutenable. Quelles applications de ces préceptes en 2017 ? Pistes de réponse.

Les vins de Bordeaux impliqués dans le développement durable

Les vins de Bordeaux sont impliqués depuis 25 ans dans le développement durable. Que ce soit à travers le système de management environnemental (SME), la lutte contre les pesticides, les cépages résistants, ou encore la préservation de la biodiversité, « on est dans une phase de maturité sur le sujet, on peut en parler et on sait où on veut aller » explique François Jumeau, directeur marketing du CIVB. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 35 % du vignoble engagé en 2014, 45 % en 2015, et 55 % en 2017, « avec l’ambition d’avoir 100 % de la filière à terme » expose Jeanne Chaumont (ingénieur agronome chargée d’animation, Système de Management Environnemental du Vin de Bordeaux).
Cette implication croissante dans le développement durable est notamment portée en matière environnementale par une démarche collaborative du CIVB, à travers le SME. Guidés par un animateur, les entreprises viticoles peuvent s’entraider et partager leurs expériences et outils pour entrer dans une démarche de développement durable, ou progresser en la matière. Cet outil vise à fédérer les acteurs « dans une communauté de bonnes pratiques », et regroupe à l’heure actuelle 680 entreprises de la filière, propriétés, négoces ou caves, soit 20 000 ha de vignes.

Quelle communication pour porter le développement durable ?

« Le Vinocamp va avec les nouveaux défis de la communication » a rappellé en ouverture de l’événement Anne-Victoire Monrozier, l’une des créatrices du Vinocamp. Un thème fil rouge abordé sous différents angles lors des conférences et huit ateliers collaboratifs tout au long de la journée. Car adopter une démarche durable sur son exploitation est louable, mais encore faut-il le faire savoir auprès du public, avec la bonne stratégie et les bons mots.
Les divers échanges ont fait ressortir que, pour intéresser le consommateur, il est primordial de savoir adapter sa communication en fonction du public ciblé, car « tous les consommateurs ne sont pas intéressés par le développement durable. Certains veulent connaître l’amont sur le produit, d’autres se contentent d’apprécier simplement le produit final. » Pour plus d’efficacité, la stratégie de communication doit être menée de façon transversale et cohérente. Une œuvre quotidienne, que ce soit en présentiel sur les salons et événements, lors de visites à la propriété mais aussi sur la toile, via les blogs (comme par exemple celui de Nicolas Lesaint au château de Reignac) et les réseaux sociaux (Facebook,Twitter, Instagram…) Dans cette entreprise de communication, les médias sont indéniablement également un levier important, renforcé à l’ère du web.

Mais une fois mise en place, cette stratégie de communication sur le développement durable a-t-elle un effet quantifiable sur le consommateur ? Mesurer cet impact n’est pas chose aisée. Mais aux dires des intervenants, si le développement durable peut contribuer à accroître la confiance et l’intérêt du consommateur pour le produit, il ne constitue pas à lui seul un argument de vente. « Le développement durable n’est pas une démarche commerciale. Ce n’est pas un outil de développement des ventes, affirme Christophe Chateau, responsable communication du CIVB. Mais à l’inverse, demain, on ne pourra plus faire de business sans développement durable. » Du point de vue de l’exploitant également, la démarche de développement durable « est source de fierté pour les vignerons et redonne l’envie, notamment celle de prendre ou reprendre une exploitation », affirme Mariane Riboulet, en charge de la communication des vignerons de Buzet.

Cette journée d’échanges s’est clôturée par le traditionnel pitch des entreprises innovantes sélectionnées par Vinocamp et le cluster de la filière vitivinicole en Nouvelle Aquitaine Inno’Vin. Six jeunes entrepreneurs (Pinot Bleu, Vertigo Lab, les vins bio de Camille, Zero glass, Vinovert, Le Labo) ont présenté en trois minutes leur projets innovants alliant vin et développement durable.