Alsace grand cru Schlossberg,  éminemment gastronomique (photo Isabelle Bachelard).
Alsace grand cru Schlossberg, éminemment gastronomique (photo Isabelle Bachelard).

En Alsace, la variété de cépages et de terroirs est telle qu’on peut facilement trouver un vin qui s’accorde parfaitement avec chaque plat d’un repas, fût-il des plus festifs.

Les sommeliers et les cavistes l’affirment avec justesse : en jouant sur les cépages, sur l’âge des vins, sur les terroirs et sur leur mode d’élaboration, du plus sec au plus liquoreux, la gamme alsacienne est immense. Lorsqu’on cherche un bel accord mets-vins, il se trouve qu’il y a toujours une réponse du côté de l’Alsace.

Avec les huîtres et les fruits de mer, vous avez besoin d’un vin blanc sec, vif, droit, qui réponde à l’iode, donc un riesling ou un sylvaner jeunes seront à leur aise pour commencer le repas. Avec du saumon fumé ou un poisson cuisiné, vous préférerez un riesling un peu plus riche, épanoui par quelques années de vieillissement et si possible issu d’un terroir de grand cru. Si vous servez un foie gras, une vendange tardive sera l’accord idéal, en riesling, en pinot gris. Ou un gewurztraminer s’il est servi avec un chutney.

Pour accompagner un chapon, une oie, une dinde ou même du faisan, il y a un vin alsacien qui semble être né pour, c’est le pinot gris. Ce vin possède à la fois les qualités de fraîcheur d’un vin blanc et une forme de structure de vin rouge. Sa rondeur répond idéalement à la chair des volailles. Mais plus la viande et la garniture ont de caractère, plus il faut un grand terroir.

Même avec les viandes rouges, l’Alsace sait aujourd’hui répondre, car il y a aujourd’hui de nombreux vignerons qui font de vrais vins rouges à base de raisin cueilli à bonne maturité, à tout petit rendement. Ils sont issus de pinot noir et il faut comme avec les bourgognes, veiller à les servir à 17° grand maximum pour respecter la finesse de leurs parfums.

Avec les fromages puissants
comme le munster alsacien ou l’époisses, les bleus et même un vieux comté, le gewurztraminer grand cru s’impose. Sa légère douceur et son gras viendront équilibrer les amertumes et les astringences. Un vieux riesling convient parfaitement aux fromages de chèvre.

Au moment du dessert, les vendanges tardives arrivent à point. Avec une bûche de Noël ou un gâteau praliné, le pinot gris répond bien avec sa rondeur. Préférez un riesling, un peu plus vif, si vous ajoutez fruits exotiques ou des agrumes. Avec des glaces ou des granités, choisissez aussi une VT, mais pas trop sucrée ou laissez-vous surprendre par une eau-de-vie blanche, framboise ou poire, prunelle sauvage ou baies de houx. L’Alsace est aussi un vaste verger.