En lumière avec « La Grande Maison » dans le dernier numéro de « Terre de Vins », actuellement en kiosques, l’homme d’affaire aux quatre grands crus classés ne s’arrête jamais. Il vient d’acquérir la start-up « B-Winemaker », spécialisée dans les ateliers d’assemblage. Et dévoile en exclusivité à « Terre de vins » quelques unes des ambitions œnotouristiques qu’il nourrit, sur la terre ferme… et sur l’eau.

Bernard Magrez est tout simplement insatiable. Après l’Institut Culturel et « La Grande Maison », « l’homme aux 40 châteaux » continue à faire l’actu à Bordeaux. Déjà présent au capital de la start-up « B-Winemaker », spécialisée dans les ateliers d’assemblages, il en devient seul propriétaire. Pour aller toujours plus loin dans l’œnotourisme, il annonce également la création d’une « académie du vin » au château Pape Clément (grand cru classé de Graves, Pessac) en 2016. Mais il ne s’arrête pas là. Il confie à « Terre de Vins » envisager une entrée au capital de la compagnie fluviale Bordeaux River Cruise et projeter, après l’hôtellerie-restauration, un investissement dans le secteur de l’hôtellerie pure.

Première manifestation actée de ce nouveau palier œnotouristique, donc : l’installation de « B-Winemaker » au château Pape Clément. Bernard Magrez entend ainsi « donner aux amateurs, à l’instar des cours de dégustation, la possibilité de mieux connaître le vin. » Après une visite de la propriété, les participants jouent les « faiseurs de vin ». A partir de monocépages, ils testent et trouvent le juste dosage pour créer leur propre assemblage. La base pour le composer ? Des « échantillons issus des cuves de l’année, essentiellement de nos châteaux bordelais, Pape Clément, La Tour Carnet (Grand Cru Classé du Haut-Médoc), Fombrauge (Grand Cru Classé de Saint-Emilion), Les Grands Chênes (Médoc). Mais aussi, si les gens le souhaitent, de nos propriétés étrangères, d’Espagne, d’Argentine ou du Chili » détaille Bernard Magrez. Et, souvenir de cette « expérience vigneronne », les amateurs repartent avec une bouteille contenant leur cru, étiqueté à leur nom.

Expérience vigneronne immersive

Bernard Magrez compte franchir rapidement un palier supplémentaire dans l’expérience vigneronne. « Les tour opérateurs de luxe font venir les gens chez nous. Nous faisons de l’œnotourisme, mais leurs clients veulent une partie œno plus développée, analyse l’homme d’affaires. En 2016, nous proposerons donc au château Pape Clément une académie du vin d’une durée de cinq jours. » Au menu, pour se glisser dans la peau d’un vigneron, théorie et pratique adaptées en fonction des saisons, à la vigne et au chai. « Ça ira très loin » prévient Bernard Magrez. « Il y aura par exemple des tranchées dans les sols pour montrer leur composition. Dans la vigne, on a des chevaux et des bœufs, les gens enfileront leurs bottes, feront quelques rangs et comprendront la culture de la vigne. Ils feront la taille quand c’est la période, et iront jusqu’à la vinification et l’élevage. » Et de mettre en garde une nouvelle fois : « ce sera très intense, ce n’est pas de la ballade. A la fin, le participant en sait presque autant que le propriétaire ! »

Terre et fleuve

Pour compléter son escarcelle œnotouristique déjà bien remplie, Bernard Magrez ne cache pas sa volonté de se tourner vers le fleuve. « A Bordeaux, quelqu’un qui veut faire de l’œnotourisme doit s’intéresser au fluvial, c’est primordial, notamment avec l’ouverture prochaine de la Cité du Vin. » L’homme d’affaire avoue se rapprocher de Bordeaux River Cruise, compagnie organisatrice de croisières sur la Garonne, la Dordogne, et l’estuaire de la Gironde, pour concrétiser ce projet. « Je regarde pour éventuellement rentrer au capital de Bordeaux River Cruise, concède le propriétaire. C’est un complément de l’œnotourisme. On pourrait par exemple faire des repas œnologiques sur le Sicambre » explique-t-il. Sur la terre cette fois, il annonce également, après la restauration, chercher à « aller plus loin dans l’hôtellerie pure », mais être encore en quête du lieu approprié pour concrétiser cette ambition.

« Bernard Magrez, signature qui compte ! »

Sous ces différents projets, un seul et même but : devenir une référence œnotouristique incontournable aux plans européen et même mondial. « Notre combat est audacieux : je veux qu’on sache que pour bien connaître Bordeaux, les vins de Bordeaux et l’œnotourisme, c’est par nous que ça doit passer. Nous sommes les seuls à avoir quatre grands crus classés à Bordeaux. Ce sont les grands crus classés qui ont fait la réputation de Bordeaux » rappelle-t-il. Quatre, et bientôt un cinquième ? « Vraisemblablement, mais ce n’est pas pour demain matin à 8h ! » répond le propriétaire. Bernard Magrez, ambitieux, et mystérieux.