Tous les Champenois vous le diront, le champagne ne se déguste jamais aussi bien que le matin, lorsque l’on a encore le palais vierge. C’est même le vin idéal sur un brunch. Sa fraîcheur, son dynamisme, ses notes d’agrume lui permettent aisément de remplacer le traditionnel jus d’orange pressé. Et pour épouser davantage encore le registre fruité qui sied à cette ambiance de petit déjeuner estival, le mieux est encore un champagne rosé. A l’occasion de Champagne Tasting qui a lieu aujourd’hui à l’hôtel Salomon de Rothschild à Paris, Terre de vins vous propose une petite sélection parmi les meilleurs champagnes de vignerons présents sur le salon.

« Le problème du mariage, c’est qu’il meurt toutes les nuits après l’amour et qu’il faut le reconstruire tous les matins avant le petit déjeuner » écrivait Gabriel Garcia Marquez, mais s’il s’agit d’un brunch, tout de suite on y mettra plus de cœur ! Œuf à la coque, plateau de fromage, charcuterie, ganaches et champagne rosé, voilà le secret pour faire revivre l’amour dès les premières lueurs du jour… Nous avons picoré quelques idées au salon Champagne Tasting !

Premier coup de cœur, la cuvée « Rose Marne » de Delavenne à Bouzy, un terroir de grands vins rouges s’il en est, qui fit la réputation de la Champagne bien avant la bulle… Sur ce rosé d’assemblage qui mêle pinot noir et chardonnay, le nez se distingue par ses notes de fraise écrasée, qui se révèlent un tout petit peu plus confiturées en bouche, où elles sont discrètement relevées par la fraîcheur de la mandarine, et épicées d’une pointe de cannelle. Le côté sanguin du vin s’alliera parfaitement avec le jambon cru fumé. (28 €)

Avec la « Cuvée Rosé » de  Chassenay d’Arce, on change de registre. Ce vin d’un rose orangé très pâle a la dureté de la pierre et nous emmène sur des notes plus vives propres à ce terroir considéré comme le plus froid de l’Aube de par la hauteur de cette vallée. La fraîcheur s’exprime sur des notes de groseille et de citron, mais aussi une touche un peu mentholée. L’ensemble est assez salin et salivant. Le côté calcaire d’un Chaource aubois offrirait un bel écho à la salinité de ce champagne viril et cistercien. (27,80€)

Les grands chefs dans leurs compositions se fient toujours à la couleur. Inspiré par la robe plutôt légère et curieusement orangée pour un rosé de saignée de la cuvée Délicatessence de J.M. Tissier, 50% meunier, 50 % pinot noir, nous vous proposons une fine tranche de mimolette pour un accord chromatique parfait ! Une cuvée surprenante qui nous emmène davantage du côté du rosé pamplemousse que de celui du cocktail de fruits rouges. (31,10€)

Après deux rosés d’assemblage, place à un rosé de macération. L’éclat de la robe rubis de la cuvée « Rosé Antique » de Gaudinat-Boivin suscite d’emblée la curiosité. Le nez de cerise fraîche est prometteur, la bouche mure et intense déploie des arômes de coulis de fruits des bois. La couleur pouvait laisser présager un vin assez tannique, il n’en est rien. Le champagne est tout au plus un peu poivré avec des notes d’épices douces comme la noix de muscade. On reste sur une forme de rondeur. Une ganache à la framboise se fondrait parfaitement avec cet ensemble aromatique. (27,50€)

Chez Lejeune Dirvang, on aime les cuvées de caractère. « Les Hauts Barceaux » n’en manque pas. Au nez on pense à la moisson, au blé mûr, au pain frais, en bouche on sent toute la structure des pinots noirs de la Montagne de Reims, les fruits rouges sont assez nets, le caractère à la fois frais et épicé évoque un peu le gingembre, quelques notes salines se dessinent en filigrane, et une pointe de cuir lui donne un côté assez racé sans être tannique. En accord on imagine assez bien une tranche de bacon, dont le côté fumé se mariera très bien avec le côté cuir, le tout évidemment accompagné du traditionnel œuf à la coque. (36,30€)

Benoît Gaullet nous propose quant à lui un rosé printanier au nez très délicat de pêche et de muguet. En bouche, on découvre des arômes de poire juteuse, et des fruits exotiques comme l’ananas. Le vin est un peu iodé avec une fin de bouche rafraîchissante tenue par l’amertume de l’écorce d’orange. Clairement, les traceurs sont davantage ceux d’un vin blanc que d’un vin rouge. On pense un peu aux rosés de Provence. A quoi bon chercher midi à quatorze heures ? Une petite tartine au saumon fumé et au citron et c’est l’accord parfait. (23,80€)

Avec « Perle de saignée », Veuve Olivier & Fils signe un rosé charmeur dont le nez évoque la fraise, mais aussi le figolu, ce biscuit à la figue confite. La bouche nous emmène sur la cerise kirschée, les dattes, le pruneau sec, avec des notes légèrement grillées en toile de fond. On imaginerait bien un « Figou », ce fromage frais à base de lait de chèvre fourré de confiture de figue. (21€)