Jeune, international, chic mais décontracté, l’événement Champagne Tasting qui a eu lieu à l’hôtel Salomon de Rotschild à Paris samedi dernier a connu un beau succès : 54 exposants, deux master class, un concours et des centaines de cuvées présentées, ont offert aux 1600 visiteurs l’occasion unique de découvrir toute la diversité des terroirs et des savoir-faire de la Champagne.

Sous les ors de l’hôtel Salomon-de-Rotschild à Paris, la cinquième édition de Champagne Tasting samedi 7 mai a rassemblé 54 maisons, vignerons et coopératives. L’événement a une fois de plus été un succès, attirant pas moins de 1600 visiteurs sur la journée, un chiffre encore en progression par rapport à l’année dernière. On remarque parmi eux le grand retour des étrangers, très présents cette année. Arnaud Richard, directeur marketing et communication du champagne Laurent-Perrier témoigne : « Ce qui me frappe toujours, c’est la mixité du public, avec au moins autant de femmes que d’hommes, et beaucoup de jeunes. Par rapport à des interrogations que l’on peut avoir sur l’attractivité du champagne, le message qui nous est envoyé par les visiteurs est très positif. Il y a une envie, une motivation de découvrir des vignerons, des maisons, des Bruts sans année, des millésimés, des grandes cuvées, des rosés… C’est l’occasion de comprendre que la Champagne n’est pas une !».

Pour mieux appréhender cette diversité, en plus des stands des différentes marques, deux masterclass de haute volée ont été organisées. La première, consacrée au pinot noir et animée par Gaëlle Goossens, responsable recherche et développement de la Maison Veuve Clicquot, proposait une dégustation de vins clairs, une première sur ce salon, qui a permis aux participants de rentrer dans toute la complexité du travail d’assemblage opéré par les chefs de caves. Quant à la dégustation des deux cuvées La Grande Dame 2012 et La Grande Dame 1990 (en jéroboam!), elles ont prouvé une fois de plus la capacité extraordinaire du champagne à voyager dans le temps qui le place parmi les plus grands vins de garde.

La deuxième masterclass, dédiée à la cuvée Dom Ruinart et animée par l’œnologue Florence Boubée-Legrand, nous a montré ce qui définit une maison de luxe : l’attention à chaque détail. Pour le nouveau millésime 2010, après une longue réflexion, le chef de caves a ainsi opté pour le tirage sous liège, un véritable atout sur les très longs vieillissements pour conserver toute la fraîcheur du champagne en réduisant davantage encore l’oxydation. Enfin, le concours organisé par Chateaunet, où les clubs d’œnologie des grandes écoles sont venus en force, nous a confirmé l’existence d’une jeune génération non pas seulement d’amateurs, mais de véritables experts, capables de deviner à l’aveugle les dosages, les cépages dominants et même l’identité des cinq cuvées qui ont été présentées. L’heureux gagnant du premier prix, Antoine Rideau, ancien élève de l’ESSEC, a remporté cinq bouteilles de champagne, une carafe et un bon d’achat de cinquante euros.

Cette dynamique de l’événement Champagne Tasting est le reflet même de celui de la profession du champagne dans son ensemble, avec des ventes qui en 2021 ont littéralement explosé, dépassant leur niveau d’avant-covid, pour atteindre 322 millions de bouteilles contre 245 millions en 2020 et 297 millions en 2019. A en croire les maisons consultées sur les stands, ce souffle ne s’est pas arrêté au premier semestre 2022, obligeant beaucoup d’entre elles à envisager pour la première fois des politiques d’allocations.

Crédit photos : @Adrien Viller