La fédération des Vignerons indépendants de Champagne veut pousser l’engagement environnemental de ses membres, notamment via la certification “Haute valeur environnementale” (HVE), expliquent-ils.

L’objectif est de doubler d’ici 4 ans le nombre d’adhérents certifiés bio et/ou HVE, a dit lundi à Paris Yves Couvreur, président de l’association (hors coopératives ou maisons de négoce). La fédération, qui compte 364 adhérents (7, 5% de la surface du vignoble champenois), recense 43 certifiés (12 en bio et 31 en HVE).

“Une cinquantaine d’adhérents ont manifesté leur intérêt, nous allons les aider à franchir les dernières étapes”, a dit M. Couvreur, qui appelle le gouvernement à créer un annuaire officiel des producteurs HVE, comme il en existe un pour les producteurs bio.

La certification HVE, créée par le Grenelle de l’environnement, est souvent, dans un premier temps, préférée par certains viticulteurs dans cette région soumise aux aléas climatiques, notamment la pluie. Elle impose de protéger la biodiversité végétale et animale dans et autour des vignes (herbes, haies…), et des traitements limités. Étape suivante, le label AB (bio), bannit tout produit chimique et de synthèse.

En 2015, 1, 5% du vignoble de Champagne-Ardennes était certifié bio (9% sur l’ensemble de la France), selon l’Agence Bio. En hausse respective de +11% et +6% par rapport à 2014. 113 exploitations sont concernées, pour l’essentiel individuelles et de taille modérée.

Michel Coriot, 1er producteur de champagne à obtenir le label HVE (en 2012), était motivé par des préoccupations de santé. Il est passé à zéro herbicide en 2015.

“Une fois qu’on est dedans, on n’a qu’une envie : s’améliorer. C’est intéressant, fédérateur pour les salariés. Même si c’est un casse-tête une année pluvieuse comme celle-ci”.

Alexis Leconte, HVE depuis 2014, était œnologue en Alsace avant de reprendre le vignoble familial. “L’Alsace et ses vignobles bio et en biodynamie ont été un déclic”, dit-il: “Il a fallu comprendre de nouveau nos sols, et ressortir les raclettes” pour nettoyer les vignes. “Les lombrics sont revenus, on a des orchidées sauvages”.

Tous soulignent le surcoût et une baisse de rendement au début (terre compacte, plants fragilisés) avant que sols et plants s’adaptent.

“Nous avons une image à défendre. Ceux qui n’ont pas pris le train devront le faire!”, estime Christine Scher-Sevillano.