Ci-dessus : Krystel Lepresle, déléguée générale de Vin & Société (photo F. Hermine)
Ci-dessus : Krystel Lepresle, déléguée générale de Vin & Société (photo F. Hermine)

Vin & Société vient de lancer le 10 octobre une campagne d’information auprès des femmes enceintes avec pour slogan “Un bon vin peut bien attendre neuf mois”.

“Nous nous sommes engagés en 2018 dans le plan de filière à un rôle de respect sociétal, en particulier envers les mineurs et les femmes enceintes”, rappelle Joël Forgeau, le président de Vin & Société, organisme représentant les 500 000 acteurs de la vigne et du vin. “Nous nous devions de donner le mode d’emploi du produit au même titre que lorsque l’on communique sur la température de service ou le potentiel de garde. Il ne s’agit pas d’être alarmant mais de relayer le message scientifique et d’informer que la consommation d’alcool peut représenter un risque pour la santé du futur bébé”. Sous le slogan et sur fond pastel, la phrase “par précaution, zéro alcool pendant la grossesse” est encore plus explicite, devant une forme arrondie qui évoque un verre et un ventre de femme enceinte.

La campagne d’information de Vin & Société avec un budget de 85 000€ comprend une annonce diffusée début novembre dans les journaux et les sites de la presse féminine et familiale – (Parents, Cosmopolitan, Magic Maman) avec un potentiel de 600 000 lecteurs, une initiative originale avec la création d’un bijou symbole de cette abstinence, en série limitée, avec les créatrices de la marque April Please (à offrir aux femmes enceintes) ; et enfin un dispositif web et digital en collaboration avec la blogueuse Poussine, déjà connue pour son engagement en faveur de la prévention. Un site dédié http://vinetsociete.fr/zeroalcoolgrossesse a également été mis en place avec le visuel de la campagne, une carte de France des boissons régionales sans alcool, une rubrique « Les questions qu’on s’est toutes posées sans jamais oser les demander », etc.

“Nous avons souhaité nous adresser directement aux femmes enceintes à travers ce dispositif multi-canal, sans les culpabiliser ni moraliser car il ne s’agit pas de remplacer les professionnels de santé, précise Krystel Lepresle, déléguée générale de Vin & Société. A eux de diffuser le message en priorité mais les études montrent que 6 femmes sur 10 déclarent encore ne pas avoir été informées des risques de l’alcool pendant la grossesse. Nous devons donc être acteurs de cette prévention et le temps long comparé au vin, proposé par l’agence Mutan, nous a semblé un joli message”. L’agence avait déjà signé la campagne de cet été pour inciter les visiteurs à recracher le vin à la dégustation dans les caveaux avec pour slogan “Tous ceux qui recrachent mon vin l’adorent” (déjà 1000 affiches et 20 000 flyers diffusés).

Un logo toujours controversé

Le sujet de l’étiquetage se révèle en revanche plus sensible concernant les femmes enceintes. “Nous avons proposé au gouvernement d’améliorer la visibilité du pictogramme femme enceinte sur les étiquettes, avec une taille à 0,8 cm et en améliorant le contraste avec comme alternative la phrase ‘Zéro alcool pendant la grossesse’, ajoute Joël Forgeau. Le logo doit être un rappel du message sanitaire du médecin, pas le message en soi car nous sommes acteur de la prévention, pas de la santé publique”. Le ministère de la Santé s’est plutôt déclaré favorable à un logo de 1,4 cm en bichromie. La décision est en attente d’un arrêté au Ministère. “Une taille minimale devait être fixée comme toute mention obligatoire sur l’étiquette, c’est incontestable, complète Joël Forgeau. Mais il faut également prendre en compte le fait que la majorité des vignerons qui éditent leurs contre-étiquettes en monochromie ne sont pas équipés pour deux couleurs. Et si l’on doit chercher un imprimeur surtout pour des petits lots de bouteilles, ça va être très compliqué voire impossible et ça risque de coûter très cher”.