Disparu ce week-end, Benjamin de Rothschild aura incarné le savoir-faire à la française, à la fois dans le domaine du vin, l’univers de l’hospitalité ainsi que dans l’épicerie fine avec notamment la Ferme des Trente Arpents. Retour sur un empire du goût que dirige son épouse Ariane de Rothschild.

Partons d’abord dans le Médoc, plus précisément à Listrac où trône en majesté le Château Clarke. Cette pépite était à l’abandon quand, en 1973, Edmond de Rothschild – le père de benjamin – décida de faire renaître ce cru. 45 ans plus tard, le domaine compte 150 hectares et sa renommée est mondiale. “Faire du vin est un geste qui relève de l’esthétique… Il y a là un incontestable supplément de beauté et d’élégance qui m’est indispensable… Le vin est plaisir et partage. Le vin participe d’un art de vivre”, souligne Ariane de Rothschild. C’est avec la même philosophie que la famille a fait renaître le Château des Laurets sur l’autre rive, du côté de Saint-Emilion – Puisseguin. Caressé par le directeur technique Fabrice Bandiera, ce vignoble est posé sur la quintessence du calcaire pour des vins denses et dotés d’un grand potentiel de garde.

En 2004, Benjamin de Rothschild décida de créer une cuvée mono-cépage avec les plus vieilles parcelles de merlot (70 ans). De son côté, Ariane de Rothschild a travaillé avec l’artiste verrier Gilles Chabrier pour concevoir un flacon unique. La passion du couple pour le vin les a également emmenés du côté de Mendoza en Argentine avec la propriété Flechas de Los Andes, en Nouvelle-Zélande avec le domaine Rimapere, dans la Rioja espagnole avec Macán Bodega Benjamin de Rothschild & Vega Sicilia ou encore en Afrique-du-Sud avec l’immanquable winery Rupert & Rothschild. “Nous sommes fiers de ce dont nous avons hérité et l’interprétons jour après jour pour le hisser au plus haut. Notre audace, c’est notre responsabilité de faire de l’art de vivre une partie intégrante des terroirs, de leur vie économique, culturelle et artistique. Et d’ériger le savoir-faire en trésor à défendre et à transmettre aux générations suivantes”, explique Ariane de Rothschild.

En cela, le vin n’est jamais très loin de l’hôtellerie et de la restauration qui constituent le deuxième pôle d’activités des Rothschild. Parmi les trois hôtels et la dizaine de restaurants sur Megève, il faut noter que La Ferme du Golfe sera ouverte malgré la crise sanitaire, tout comme l’épicerie Noémie. A ce sujet, la famille est très attachée à sa compagnie fermière avec le Domaine des Trente Arpents situé à Favières en Seine-et-Marne. Il compte 7000 hectares et produit le dernier Brie de Meaux fermier AOP. “Lorsqu’en 1990, la ferme a relancé la production de ce fromage, c’était un vrai engagement de la famille et il fallait s’appeler Rothschild pour y arriver”, témoigne Didier Buet, le directeur de la Compagnie. A noter que l’ensemble des vins et des produits de la famille sont désormais en vente sur l’épicerie et cave en ligne Edmond de Rothschild Heritage.

https://epicerie.edmondderothschildheritage.com/fr/