Patrick Lobier (photo Emmanuel Perrin)
Patrick Lobier (photo Emmanuel Perrin)

Au siècle dernier, on partait déjà en famille en Provence bien sûr… mais c’était en empruntant la route des vacances, la célèbre nationale 7, pour se précipiter sur les plages de la Côte d’Azur et ne plus guère en bouger pendant un mois. Aujourd’hui, les choses ont changé, pour satisfaire la curiosité grandissante des amateurs de vin. Voici six belles étapes provençales sous le signe de la vigne, issues du hors-série Sud de Terre de vins (à retrouver sur notre kiosque en ligne).

Épisode 4/6 : Château de l’Escarelle

Au milieu des papillons
La nature, ici, a conservé tous ses droits au milieu d’une propriété de plus d’un millier d’hectares, dont une centaine de vignes, le long du ruisseau du même nom. Il n’y a jamais eu d’insecticide et il n’y a plus d’herbicide depuis une dizaine d’années dans ce vignoble qui a appartenu à la famille Fournier, autrefois propriétaire de l’île de Porquerolles. C’est cet environnement préservé, au cœur du Var vert, qui a plu à l’homme d’affaires Yann Pineau. Il s’est alors donné comme objectif de retrouver l’écosystème d’il y a un siècle (on n’y chasse que les sangliers). Les papillons ne s’y sont pas trompés en revenant coloniser en nombre le jardin de plantes aromatiques autour de la mare aux grenouilles. Yann Pineau a d’ailleurs créé une fondation pour l’environnement, Itancia, visant à préserver les insectes ailés, témoins de la qualité écologique des lieux. La Ligue pour la protection des oiseaux s’est chargée de l’inventaire, et le château propose régulièrement des visites commentées dans le jardin du Pacha, du nom de ce papillon rare de Provence. Y ont été dénombrées pas moins d’une centaine d’espèces, voletant en toute liberté. Le pacha a même sa cuvée, un rosé fruité et floral de grenache, cinsault, syrah, dans une bouteille sérigraphiée (8 €).
La qualité de l’environnement passe aussi par la cave : « On l’a conçue pour qu’elle soit facile à nettoyer, avec recyclage de l’eau de lavage des cuves et même de l’air rejeté par le climatiseur », précise le directeur Patrick Lobier, au domaine depuis près d’un quart de siècle. Sa cuvée préférée ? La rare sélection parcellaire de grenache-syrah en Coteaux-Varois Croix d’Engardin (30 €), illustrant l’ancrage du vignoble au pied de la montagne de la Loube. Côté vignes, chaque responsable de parcelle est aussi responsable de son environnement, qui doit être irréprochable, sans papier ni plastique. Le château, déjà en HVE et conversion bio pour une certification prévue pour 2020, s’est doté de tracteurs neufs pour réduire son empreinte carbone, de nichoirs à oiseaux et à chauves-souris, de voitures électriques, obligatoires pour tous, y compris le propriétaire. Les 35 kilomètres de chemins forestiers de l’Escarelle se prêtent aux randonnées et aux trails, et seuls les concerts de l’été perturbent pour quelques soirs la quiétude des lieux.
83170 La Celle
04 94 69 09 98 – Site internet

Épisode 1 : Château Saint Roux
Épisode 2 : Château Mentone
Épisode 3 : Domaine des Féraud