©F. Hermine
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Cette année, l’union coopérative provençale Estandon a misé sur le bio et sur l’innovation.

Avec pas moins d’une demi douzaine de références bio déclinée en trois gammes, l’union coopérative du Var a sérieusement étoffé sa palette de vins de Provence. Hormis le coteaux varois Terres de Saint-Louis (qui garde son nom pour le conventionnel), rebaptisé Terres d’Estandon pour le bio et une nouvelle bouteille pour le côtes-de-provence Le Temps des Vignes, il s’agit de nouveaux assemblages en IGP Méditerranée et Var et en AOP Côtes-de-Provence et Coteaux Varois en Provence. Un contenu identique packagé pour trois circuits différents, GD, CHR et Export designé avec une agence anglaise. Dans la gamme, Estandon s’est également offert un premier vin issu de raisins en biodynamie (12€), Symbiose, élaboré avec la coopérative de Correns. « Nous avons également deux références en CAB (Conversion en Agriculture Biologique) mais avec un label inconnu des consommateurs, les ventes ne sont pas convaincantes », reconnait le directeur Philippe Brel. Les nouvelles références sont écoconçues avec bouteille allégée, bouchon en liège de Provence (2,5 millions de bouchons par an utilisés par Estandon), verre non extra blanc, capsule en produits biosourcés (cane à sucre, maïs), cartons issus de forêts gérées durablement (FSC)….

Un tiers en bio

Au total, le bio représente environ un tiers des apports pour le millésime 2021 (12 % il y a encore deux ans). « Une belle prouesse si on se souvient qu’il ne pèse que 5,8 % des ventes en GD, 9% pour la Provence même si dans nos caveaux, il atteint jusqu’à 20 %, souligne Philippe Brel. Le problème reste le consentement à payer plus cher pour le consommateur ». Certaines coopératives ont pris clairement le virage du bio telles Correns et Roquebrussanne, les deux principaux fournisseurs, mais également les coopératives de Bras et Rougiers. 182 producteurs en 2020, plus de 200 sur le millésime 2021 sont également labellisés HVE. « Nous accompagnons surtout les viticulteurs avec notre programme Sols Vivants sur le partage des bonnes pratiques. Plus d’une vingtaine de viticulteurs sont impliqués directement dans les expérimentations de couverts végétaux, d’agroforesterie, et nous proposons de plus en plus de formations en pratiques environnementales comme la taille douce ».

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De l’apéro au digestif

Estandon joue également l’innovation. Toujours en rosé (90% de la production à l’instar des appellations provençales en général) avec depuis cet automne un nouveau coteaux-varois haut de gamme élevé en fûts de différentes chauffes, Ceux de 1906 (faisant référence à la récolte des vignerons du début du XXe), qui se déguste frais à l’apéritif ou chambré au digestif (24,50€) et un IGP Méditerranée Black Rosé sans millésime et en bouteille bordelaise noire sérigraphiée et capsule à vis pour une incitation à la mixologie (8,90 €). « Nos clients achètent d’abord un nom, et une marque doit garantir une qualité tout en sachant innover ». La marque sera également proposée en cannette, toujours en rose et noir.