(photos JM Brouard)
(photos JM Brouard)

Les petites animosités et autres joyeuses querelles sont monnaie courante dans le monde du vin. Au sein d’une appellation, dans une région, entre régions… Alors quand une initiative permet de dépasser tout cela pour l’amour d’un cépage, on applaudit !

L’initiative n’était pas passée inaperçue en juin dernier. Le hashtag #fandechenin était officiellement lancé et marquait le début d’une très belle aventure visant à promouvoir au niveau international ce cépage. Originaire de Loire, il a essaimé dans le monde entier au fil des décennies mais il reste principalement produit en Afrique du Sud. Historiquement, de nombreux Angevins étaient partis dans ce pays avec du chenin dans leurs bagages. Le pays représente actuellement plus de la moitié des surfaces mondiales plantées (17 500 hectares sur 33 000 hectares). Mais il fut un temps, pas si lointain, où c’était beaucoup plus. A l’époque, cependant, ce cépage était principalement utilisé pour la distillation. En Loire, où 9000 hectares sont plantés, il a là aussi été malmené, la moitié des surfaces dédiées ayant disparu en 50 ans. Mais comme le rappelle Patrick Beaudoin, Président du syndicat de l’Anjou blanc, “le chenin revient de loin mais il est dans une pleine phase de renaissance”. De nombreuses initiatives ont eu lieu ces dernières années pour le mettre en avant avec notamment la création de l’Académie du chenin en 2015 et l’organisation du 1er congrès international du chenin à Angers en juillet dernier. Le #fandechenin démontre l’envie d’aller plus loin de tous les partenaires impliqués, notamment les 15 appellations ligériennes concernées mais aussi les Sud-Africains ainsi que 12 autres nationalités (le chenin est produit dans 23 pays dans le monde).

Des “fan zones” pour amateurs en mal de chenin

Il existe bien évidemment un site internet (fandechenin.com) qui a pour mission notamment de recenser les différentes “fan zones” existantes. 321 lieux sont ainsi identifiés, qu’il s’agisse de domaines, de négociants, de cavistes, de restaurants, de bars à vins ou bien encore de lieux de réception. Tous ont en commun de proposer au moins une référence de chenin sec, moelleux et effervescent et de vouloir faire partager leur amour pour cet incroyable cépage. Actuellement très françaises, les fan zones seront bientôt présentes dans différents pays. 2 sont déjà identifiées en Angleterre avec, à venir, la Belgique ou bien encore l’Italie et certainement l’Afrique du Sud. Cette initiative donne de la visibilité au chenin et permet aux amateurs de savoir où aller pour en déguster. Pour tous les fans de chenin, “c’est un moyen de créer des synergies et une réflexion culturelle, historique et économique autour du cépage” explique Patrick. Des événements “fandechenin” sont également organisés comme il y a quelques jours au salon Wine Paris. 210 échantillons en provenance d’appellations de différents pays étaient proposés à la dégustation sur un même stand. Une occasion unique de comprendre l’âme de ce cépage qui exprime parfaitement le terroir dont il est issu. Tania Carême, productrice “bicéphale” à Vouvray et en Afrique du Sud insiste sur le côté “inclusif” de la démarche. “Nous cherchons à devenir une communauté mondiale, à créer le “chenin sans frontières”. Tout cela s’accompagnera également de formations, notamment auprès des serveurs et serveuses dans les restaurants. On n’a jamais autant entendu parler de chenin… et ce n’est qu’un début !