photo S. Lartigue / Sud-Ouest)
photo S. Lartigue / Sud-Ouest)

Sous pression depuis sa réélection en juillet dernier alors qu’il venait d’être condamné pour fraude, Hervé Grandeau vient de démissionner de la présidence de la Fédération des Grands Vins de Bordeaux (FGVB). C’est Jean-Marie Garde qui lui succède.

Réuni ce lundi 28 octobre, le Conseil d’Administration de la Fédération des Grands Vins de Bordeaux (FGVB) a procédé à une nouvelle élection de son président, prenant acte de la démission d’Hervé Grandeau, qui avait vu son premier mandat reconduit en juillet dernier. Cette réélection avait suscité la polémique dans le monde du vin bordelais, Hervé Grandeau ayant été condamné le 27 juin par le tribunal correctionnel de Bordeaux pour de multiples fraudes (“tromperie sur la nature, la qualité substantielle, l’origine” des vins, stipule la condamnation) à six mois de prison avec sursis et plusieurs amendes.

C’est Jean-Marie Garde qui a été élu à la présidence de la FGVB avec plus de 90% de suffrages. Président de l’Appellation Pomerol, Jean-Marie Garde a occupé le poste de secrétaire général de la Fédération pendant de nombreuses années. Membre du Conseil d’Administration de la CNAOC, il est notamment en charge des questions fiscales.

La FGVB réunit les 24 Organismes de Défense et de Gestion des 60 AOC de la Gironde et représente les quelque 5800 viticulteurs du département.

Interviewé par nos confrères de Sud-Ouest, Hervé Grandeau a déclaré : “Je démissionne mais je ne suis pas un fraudeur […] Notre collectif se fissurait depuis quelques semaines, la Fédération va retrouver la sérénité. Il faut rester unis, d’autant que notre filière affronte des problèmes économiques” (voir entretien complet en suivant ce lien).

Dans son éditorial du n°61 de Terre de Vins, paru en septembre, Rodolphe Wartel, directeur de la publication, avait abordé la question : “Hervé Grandeau, président de la Fédération des grands vins de Bordeaux, vient d’être réélu à sa succession à la tête de ce groupement qui rassemble les syndicats viticoles de la Gironde, quelques jours seulement après avoir été condamné par le tribunal correctionnel de Bordeaux pour tromperie. Si 21 des 28 membres du conseil d’administration ont validé cette reconduction, une question de fond se pose : comment Hervé Grandeau, condamné par la justice française, pourra-t-il efficacement défendre les bonnes pratiques et librement montrer le cap ? C’est, en clair, toute sa légitimité, et celle de la Fédération qu’il préside, qui est remise en cause. Hervé Grandeau, que nous connaissons bien à ‘Terre de vins’ et que nous aimons, est un vigneron charismatique dont Bordeaux a besoin. Et il n’est pas le forban qu’a voulu dépeindre la justice. A-t-il péché par surcharge de travail, dilettantisme ou inadvertance ? Probablement un peu des trois. La réalité est qu’en étant condamné de la sorte, et en étant candidat à sa succession, lui et ceux qui l’ont réélu font peser sur Bordeaux un fardeau dont le vignoble se serait bien passé en ces temps de désamour. Une seule maxime, de La Rochefoucauld : ‘Rien n’est si contagieux que l’exemple’.”