Dans la soirée du 26 juin, l’Alsace a été traversée par un orage de grêle inhabituel qui a impacté le vignoble. Plusieurs zones dans le Haut-Rhin et surtout le Bas-Rhin sont touchées.

L’Alsace est souvent protégée des intempéries par la barrière des Vosges, qui limitent l’influence océanique à l’ouest de vignoble. Ce n’était pas le cas le soir du 26 juin :  les stations météo l’ont annoncé et en effet un fort orage de pluie et de grêle dirigé vers le nord-est s’est abattu sur le vignoble en direction de Strasbourg.

Il est tombé entre 20 et 50 mm de pluie avec la grêle. Sur les zones touchées, les dégâts atteignent 10 à 30% mais quelques endroits sont plus durement impactés. Quelques communes sont affectées autour de Colmar (Haut-Rhin), comme Wintzenheim mais c’est le Bas-Rhin qui est le plus durement frappé

La pluie était souhaitée

« On est tout de même contents de la pluie, qui avait déjà, commencé de tomber, sans grêle, depuis une semaine » déclare Arthur Froehly , responsable du pôle technique au CIVA, Conseil interprofesionnel des vins d’Alsace. « Cela a réduit le stress hydrique, c’était utile quand on est dans une phase où il faut de l’eau pour nourrir la future baie » précise-il. La récolte 2022 s’annonçait bien, avec un bon volume : « A mi-juin on était dans des conditions idylliques, avec parfois un peu d’oïdium à cause de la chaleur. Maintenant, il y aura un risque de mildiou » conclut-il.

Pas de feuilles hachées

Il est difficile de donner des chiffres sur les secteurs impactés, car il y a beaucoup de communes relativement peu touchées, autour de 10%, tandis d’autres peuvent avoir 25 ou 30% des surfaces abimées. Marie-Noëlle Lauer, conseillère viticole à la Chambre d’agriculture d’Alsace demeure optimiste car « c’est une chance qu’on est encore au stade de la fermeture de la grappe. Les plaies peuvent encore cicatriser, ce serait plus compliqué en début de véraison ». Les feuilles n’ont pas été hachées menu, on ne voit pas tout le feuillage au sol ou des rameaux couverts d’impacts. « Cela dépend de l’orientation, si la parcelle avait été effeuillée ou pas » explique-t-elle avant de relativiser : « On est bien contents d’avoir reçu la pluie qui était mélangée avec les grêlons ». Ceux-ci ne dépassaient pas trois centimètres de diamètre alors qu’ils étaient parfois plus gros dans la plaine où ils ont plus affecté d’autres cultures.