A l’occasion du lancement de son hors-série sur le développement durable en Occitanie qui sortira en kiosques le 7 octobre, Terre de Vins a convié, ce lundi 28 septembre 2020, une centaine d’invités à une conférence au Château L’Hospitalet, à Narbonne, chez Gérard Bertrand. Et les quatre interprofessions ont joué groupé.

Au cœur du massif protégé de La Clape, à Narbonne, Gérard Bertrand est un hôte aux petits oignons. Le Château L’Hospitalet, haut-lieu de son empire “romain”, est l’endroit rêvé pour le lancement du hors-série de Terre de Vins dédié au développement durable en Occitanie. Sur place, plus de 80 invités se sont donnés rendez-vous pour échanger en trois thèmes sur l’engagement vertueux des différents terroirs viticoles (Pays d’Oc, Languedoc, Roussillon, Sud-Ouest) de la région.

L’humain au centre de l’équation

Olivier Bourdet-Pees, directeur général des producteurs de Plaimont (700 vignerons, 5300 ha), est le premier à prendre la parole. Le discours est ambitieux, les mots sont sans concession : “La nouvelle place de la viticulture doit être celle d’un leader économique mais ce métier, on ne peut pas le faire comme il y a 20 ans, ceux qui ne passeront pas en bio sont morts !” Pour Jacques Gravegeal, président d’Inter Oc, les engagements sont primordiaux mais les revenus doivent accompagner cette tendance : “Il faut une rémunération adaptée, les vignerons ont besoin de sécurité après tous les efforts consentis”. Sébastien Bourguignon, directeur marketing des Vignerons de Buzet embraye : “Depuis 2005, la stratégie s’est totalement articulée autour du développement durable. L’idée générale, c’est d’aller le plus loin possible et de ne pas se limiter au cahier des charges”.

La forêt de labels

Forêt de labels projeté dans son dos, Jeanne Fabre l’admet : “Vu comme ça, c’est un peu effrayant pour le consommateur !” Mais la présidente de la commission d’organisation de Millésime Bio rebondit : “Ces labels sont complémentaires, ils ont juste un déficit de notoriété, et c’est impossible de les fusionner puisque chaque sensibilité s’y retrouve.” A l’image de “Vignerons engagés”, un label regroupant aujourd’hui 6000 vignerons et salariés de caves partout en France et qui s’est imposé, depuis 2010, comme le premier label développement durable de la filière. La cave Dom Brial, à Baixas, fait partie des fondatrices de ce label, qui comme nle précise son président François Capdellayre, ne parle pas que d’environnement : “On a voulu mettre l’accent sur l’aspect humain et sociétal. Avoir ce socle de nos démarches qualité nous offre une clé d’entrée sur le marché.”

Mieux communiquer pour convaincre

Pour vendre, il faut convaincre le client. “Mais le vigneron, homme de la terre avant tout, n’est pas forcément simple à mobiliser pour communiquer sur sa démarche, aussi vertueuse soit-elle, précise Miren de Lorgeril, présidente du CIVL. C’est le rôle de l’interprofession de le solliciter et de le guider.” Du côté des Domaines Paul Mas, on compte sur le fruit du travail quotidien en expérimentation et en recherche pour faire la différence sur les marchés. “La première chose, c’est le vin, poursuit Bastien Lalauze, le régisseur. Ensuite, on parle de la vigne et des actions vertueuses. Mais si le travail est bien fait, le vin sera bon.” Hôte de la journée, Gérard Bertrand clôt les débats avec un charisme naturel : “Tout le monde a compris que c’était le sens de l’histoire mais il faut avant tout être en cohérence avec ce que l’on fait. S’inscrire dans une démarche identitaire et le reste suivra…”

Photos Luc Jennepin.