Afin d'entretenir un lien étroit avec les cavistes partenaires de ''La vigne solidaire'', Florence Coiffard assure parfois elle-même les livraisons.
Afin d'entretenir un lien étroit avec les cavistes partenaires de ''La vigne solidaire'', Florence Coiffard assure parfois elle-même les livraisons.

A l’origine de cette démarche en Île-de-France, Florence Coiffard a réuni autour d’un même projet vignerons, transporteur, cavistes et restaurateurs. Aux clients désormais d’être sensibles au projet.

Agent de vignerons sur Paris et l’ensemble de l’Île-de-France, Florence Coiffard a vécu avec inquiétude la longue période de confinement et compris les conséquences engendrées pour l’ensemble de la chaîne du vin. Au point d’être à l’origine d’une démarche originale. “Au milieu de toutes les initiatives qui ont pu être lancées, j’ai eu envie de voir tous les maillons de la chaîne s’unir et s’entendre pour s’aider mutuellement. Du producteur au client, nous avons tous pour point commun de promouvoir des choix motivés par la qualité. Et ces choix, il est essentiel de ne pas les perdre.”

Premiers acteurs consultés, les vignerons. “Quasiment la totalité de mes partenaires a accepté de rejoindre le projet de La vigne solidaire en proposant une ou plusieurs cuvées destinées à bénéficier de ce label et en accordant des conditions exclusives.” De château Jean Faure au domaine des Roches neuves, de la Coume del mas au domaine Albert Mann, 34 propriétaires ont ainsi mis à disposition 73 cuvées, “une offre éclectique et qualitative”. Des cuvées qui, une fois arrivées en banlieue parisienne, bénéficient d’un habillage spécifique. “C’est là qu’intervient le soutien de notre transporteur. A titre gracieux, il applique le logo sur tous les cartons ainsi que sur chaque bouteille.”

L’importance d’expliquer

Florence Coiffard qui assure la promotion auprès de ses clients tout en acceptant de baisser ses rémunérations sur les cuvées concernées, a trouvé dans un premier temps une oreille attentive auprès des cavistes. “Ils reçoivent un kit présentant l’opération et profitent du contact direct pour sensibiliser l’acheteur à cette démarche qui n’a rien d’une braderie.”

Désireuse de soutenir aussi la restauration en incluant les professionnels, l’initiatrice de La vigne solidaire est toutefois confrontée à un problème depuis les annonces du Premier ministre ce jeudi 28 mai. “Je touche plutôt une clientèle d’établissements hauts de gamme qui n’ont pas ou peu de terrasses. Eux n’envisagent pas un retour à la normale avant la rentrée de septembre. J’envisage donc de prolonger cette action dans le temps alors qu’initialement elle devait s’achever au 30 juin. Les sommeliers seront alors les acteurs de la promotion des cuvées en expliquant notre motivation. Une démarche que j’ai dans l’idée de faire vivre au-delà de cette crise en y associant d’autres actions, plus tard, qui iront toujours dans le sens de la qualité et de la solidarité.”

Des vignerons vite sensibilisés

Une solidarité que Marete Larsen, du château D’Escurac à Civrac-en-Médoc, a exprimé sans hésiter en se joignant à l’opération. “Nous donnons aussi un coup de pouce en montrant notre soutien aux différents intermédiaires qui sont les représentants de nos produits, ceux qui rappellent au quotidien que le vin est bon. De la même manière que nous avons soutenu d’autres actions de solidarité notamment en direction des soignants, il était normal d’accompagner la démarche initiée par celle qui nous a permis de voir nos bouteilles finir sur les tables de quelques-uns des plus beaux restaurants parisiens.”
Cette idée de renvoyer en quelque sorte l’ascenseur, Cyril Bourgne, du domaine La Madura à Saint-Chinian, l’a acceptée volontiers. “Dans une période vraiment compliquée pour nous, ce n’est pas un effort anodin. Mais il nous permet de conserver le lien avec la filière dans son ensemble. Chacun réalise une petite part d’un effort collectif.”

Le vigneron héraultais qui exporte 2/3 de sa production est présent en France sur le marché de la restauration qualitative. “Et pour l’instant ce n’est simple ni d’un côté, ni de l’autre !”, avoue-t-il. “Je ne sais pas quand sera payée une commande expédiée à New-York juste avant le début des problèmes et en France, du côté des restaurants, c’est zéro commande depuis trois mois. Mais cela ne m’a pas empêché de valider ma participation pour deux raisons essentielles : les vins ne sont pas bradés et à chaque échelon tout le monde peut y trouver un peu son compte…”

www.lavignesolidaire.fr