En 2022, l’Académie créée par le leader mondial du liège, l’entreprise Amorim, fête ses 30 ans avec la remise de 2 Grands Prix qui ont établi sa notoriété à travers les décennies. Un engagement total au service de la compréhension des grandes problématiques du monde viticole.

Autant ôter un doute qui pourrait légitimement se poser. Non, l’Académie Amorim n’est pas une structure téléguidée par Amorim pour favoriser son activité et sa communication. Depuis l’origine en 1992, lorsque l’Académie a été lancée au bistrot du sommelier de Philippe Faure-Brac qui allait devenir quelques mois plus tard meilleur sommelier du monde, il a été question d’une parfaite indépendance sur les choix qui se feraient par le jury. Ce dernier, composé actuellement de 25 membres (journalistes, scientifiques, universitaires, chercheurs, entrepreneurs), représente 2 comités de sélection qui vont choisir soit annuellement le lauréat du Grand Prix Sciences et recherche (le premier créé à la naissance de l’Académie dont el comité de sélection est présidé par Jean-Luc Berger) soit bisannuellement le Grand Prix Innovation et Développement (créé il y a 5 ans et dont le comité de sélection est présidé par Ophélie Neiman). Chacun de ces prix est doté d’un chèque de 5000€.

Actuellement, les candidatures sont ouvertes jusqu’à début juin pour que les candidats soumettent leurs dossiers. Dans le premier cas, il s’agit de thèses de doctorat, souvent très pointues. Historiquement, les premières à avoir été récompensées s’articulaient autour de l’œnologie. Le premier lauréat en 1992, Pascal Chatonnet, avait ainsi travaillé sur « l’incidence du bois de chêne sur la composition chimique et les qualités organoleptiques des vins ». Puis ont été primés des travaux sur les levures, la couleur des vins, les arômes de vins. Avec toutefois une évolution intéressante qui suit celle des présidents du jury. Pendant 5 ans, ce fut le regretté et célèbre Jacques Puisaie qui joua ce rôle, puis le non moins regretté Robert Tinlot, ancien Directeur Général de l’OIV et aujourd’hui Jean-Marie Aurand, lui aussi ancien Directeur Général de l’OIV. Ainsi, progressivement, le champ des recherches mises en lumière s’est élargi, touchant aujourd’hui également le droit, l’histoire, l’économie mais toujours en lien avec le monde viticole.

Un accélérateur de croissance

Dans certains cas, le Grand Prix Innovation et Développement a permis d’accompagner le développement de jeunes structures. Ce fut le cas par exemple de Vinovae, lauréat en 2018. Le créateur des vinottes, ces petites bouteilles d’échantillons de vins et spiritueux s’est depuis fait un nom et cette solution est très largement utilisée parmi les professionnels. Notons au passage que ces bouteilles sont bouchées par des capsules à vis, et non du liège, ce qui n’a posé aucunement problème à l’Académie. Question d’indépendance là encore. En 2020, c’est La vie du vin qui a été primé pour sa solution de traçage des bouteilles du producteur au consommateur. Et chaque fois, la remise des prix est l’occasion pour l’Académie et ses membres (dont de nombreuses sommités comme Gérard Liger-Belair, Philippe Faure-Brac, Axel Marchal, Jocelyne Perard et de nombreux autres) d’organiser en région des tables rondes autour de problématiques viticoles locales.

Pour l’anniversaire des 30 ans, direction le Portugal avec une réflexion sur le changement climatique, plus que nécessaire à l’heure où le pays subit l’une des sécheresses hivernales les plus dramatiques de son histoire. Et pour connaître les 2 lauréats de chacun des Grands Prix, il faudra patienter jusqu’au mois d’octobre prochain. Nul doute qu’ils viendront encourager des travaux et initiatives fondamentaux pour le monde viticole.