Déjà à la tête de trois autres propriétés viticoles, Château de Callac en terres de Graves, Château Guiraud à Sauternes et Château des Bachelards à Fleurie, l’entrepreneur bordelais Matthieu Gufflet vient d’officialiser le rachat du Domaine les Aurelles, à Nizas, un fleuron de l’AOP Languedoc Pézenas.

Le vignoble languedocien continue d’attirer les convoitises. Le 19 décembre dernier, le Bordelais Matthieu Gufflet a acquis le Domaine les Aurelles, à Nizas, sur le terroir de Pézenas. Une exploitation de 8 hectares en biodynamie tenue depuis 1995 par Basile Saint-Germain et sa femme, Caroline. Le communiqué de presse précise : « Guidé par l’envie de préserver et transmettre, l’entrepreneur vigneron nourrit de grandes ambitions pour cette atypique pépite languedocienne tout en restant fidèle aux préceptes de son père-fondateur Basile Saint-Germain. » En d’autres termes, il ne s’agit pas que d’un investissement ou d’une simple affaire de business. « Matthieu Gufflet est un amoureux de l’art de vivre et il ne choisit pas au hasard ses acquisitions, il lui faut un lieu singulier, atypique, une personnalité charismatique pour investir. Il met un point d’honneur à ce que les Maisons gardent leurs propres signatures », explique Stéphanie Barral, directrice Marque & Expérience de « Terres de Natures ». « Mathieu Gufflet a à cœur de préserver le caractère singulier des Aurelles et ce qui a contribué à sa renommée depuis 1995 : une viticulture bienveillante, respectueuse de la nature, de faibles rendements, une vinification très peu interventionniste et des élevages longs », peut-on lire.

Terres de Natures, 30 millions de CA

Afin de passer le témoin en douceur, le vigneron du Domaine des Aurelles ne quittera pas les lieux et continuera d’officier encore quelques années sur ces coteaux de Nizas où le sol basaltique marque les vins d’une minéralité sans égal. « Le Languedoc, c’est la suite logique après Bordeaux et le Beaujolais (il a récemment acquis l’emblématique Château des Bachelards à Fleurie, pépite monastique du 12e siècle, où il compte installer des chambres d’hôtes) mais il a beaucoup d’ambition car le potentiel ici est incroyable », justifie Stéphanie Barral. Le label « Terres de Natures », créé par Matthieu Gufflet, regroupe aujourd’hui une dizaine d’entités autour de l’art de vivre sur le trident hôtellerie, restauration et viticulture comme le restaurant la Mère Brazier à Lyon, l’Hôtel de la Plage au Cap-Ferret ou encore Les Roches Fleuries, à Cordon, un chalet quatre étoiles de 25 chambres dont les balcons offrent une vue imprenable sur le Mont-Blanc. Le site « vitrine » reste toutefois le Château de la Bûcherie dans le Vexin, un hôtel magnifique de 40 chambres qui regroupe hébergement, gastronomie et bien-être, où le propriétaire rêve de replanter des vignes. Terres de Natures affiche aujourd’hui un chiffre d’affaires de plus de 30 millions d’euros, et Matthieu Gufflet a l’ambition d’aller encore plus loin – La Loire bientôt ? (il est grand amateur de chenin !) – tout en gardant une vision moderne mais respectueuse de l’art de vivre à la française.