Cette immense propriété des Corbières n’en finit pas de muer et continuer d’affiner ses vins et de proposer toute une gamme homogène en rosé, blanc et rouge. Sans parler du doré… de l’huile d’olive.

Au loin, la Méditerranée. Mais sur les terres du château de Lastours au cœur des Corbières, c’est un paysage sec qui domine, fait de vallées et de collines tutoyant le ciel à près de 300 mètres. Un cadre enchanteur qui se déploie magistralement sur 850 hectares. La vigne ne s’épanouit que sur 100 hectares, permettant la production de 450 000 bouteilles par an. Du rosé au rouge en passant par le blanc, la part belle est faite aux cépages locaux qui trouvent ici des conditions favorables de maturation. Carignan, syrah, grenache, mourvèdre, vermentino, roussanne, cinsault, aucun de manque à l’appel. Le soleil qui ne s’économise pas ici est tempéré par l’influence de la mer et du vent. Septentrional, il est souvent violent comme le rappellent la batterie d’éoliennes installées depuis 1982 en haut des collines. Un site très tôt identifié comme optimal pour cette énergie renouvelable. Les oliviers ne sont pas les plus mal lotis non plus. 4000 individus s’épanouissent sans mal, leurs fruits à l’image de leur terroir. Beaucoup de personnalité une fois pressés avec un élégant fruité sans exubérance et de très beaux amers. Cette huile est l’autre trésor du château de Lastours…

Du fruit et de la chair

De la plénitude. Voici le fil rouge de tous les vins produits sur la propriété. Le rosé 2017 (9€) est ainsi éclatant, frais et gourmand. Une caractéristique partagée par la cuvée « Arnaud de Berre » rouge 2014 (9€) au profil sudiste bien marqué. C’est toutefois sur la cuvée « Simone Descamps » que tout le potentiel de ce terroir s’exprime. Le blanc 2017 (13€) affiche beaucoup d’éclat en bouche et des notes de coing du meilleur effet. Sa densité de texture rappelle qu’il a bénéficié d’un élevage de 3 mois en barriques. Depuis 3 ans, ce sont les grands contenants qui sont privilégiés, souvent issus d’un vin, pour ne pas procurer de boisé trop prononcé. Des barriques de 500 litres ont ainsi fait leur apparition dans les chais où elles seront prochainement rejointes par un foudre de 50 hl. Elles sont utilisées notamment pour l’élevage de la cuvée « Simone Descamps » rouge qui, en 2013 (13€) est une grande réussite. Ses notes d’olive noire charment et sa texture en bouche est dense mais bien veloutée. Après un vaste programme d’arrachage et de replantation (75 ha en une dizaine d’années), place désormais à la conversion biologique qui devrait être acquise en 2020. Un premier pas vers la biodynamie qui est envisagée à moyen terme. Autant de raisons de garder un œil attentif sur cette propriété du Languedoc, toujours en mouvement.