Photo: Mickael Boudot
Photo: Mickael Boudot

Acheté en avril 2021 à GROUPAMA par l’entrepreneur breton Gérard Jicquel, le château d’Agassac a vu le départ de son directeur général Jean-Luc Zell et l’arrivée de Lucas Leclercq à ce même poste. Sur la base de son expérience et de sa passion, quels sont les nouveaux projets que Gérard Jicquel souhaite impulser?

Après avoir vendu les parts de la société Samsic dont il était cofondateur, Gérard Jicquel se lance dans l’acquisition d’hôtels haut de gamme, jusqu’à en totaliser maintenant une douzaine : le groupe Beautiful Life Hôtels était né. Ces hôtels sont souvent associés à un restaurant, dont les étangs de Corot, un restaurant étoilé, racheté à la famille Cathiard, propriétaire de Smith Haut Lafitte. Une expérience utile, qui a toute chance d’être réinvesti à Agassac.

Agassac, classé en Haut-Médoc sur la commune de Ludon, récemment élevé au rang de cru bourgeois exceptionnel est aux portes de Bordeaux, à 30 minutes de voiture. Le château, classé Monument Historique à des atouts qui n’ont pas échappé à Gérard Gicquel qui y voit tout de suite une opportunité de développement.

Un œil neuf pour de nouvelles ambitions.

Lucas Leclercq salue ce que Groupama et Jean-Luc Zell avaient entrepris : « en 2011-2012, Jean-Luc était dans les premiers à fixer une offre oenotouristique complète en performante » . Manquait l’hébergement. Un hôtel de 50 chambres quatre étoiles+ va donc être construit, sans dénaturer le lieu. Le projet ne s’arrête pas là : « ce qui sera autour va être remanié, comme la boutique qui est dans le pigeonnier. Et on étudie la possibilité de refaire le restaurant ».

Quant au vignoble, l’étude parcellaire est réinterrogée. Sur les 43 ha, la question d’un nouvel équilibre dans l’encépagement est posée : « plus de cabernet sauvignon que de merlot ? Et peut-on avoir du cabernet franc et du petit verdot ?  Ce dernier apportera de la couleur mais aussi des arômes de violette ». Un infléchissement qui influencera le style.

Le style de vin d’Agassac

Lucas Leclercq argumente : « Agassac mériterait de garder la tendreté et la fraîcheur et d’augmenter sa complexité aromatique. Par son style, il est en fait un rive droite (NDLR : entendez Saint Emilion-Pomerol) dans la rive gauche». « L’idée, c’est la continuité, mais sans s’interdire de s’ouvrir », conclut Lucas tout en s’interrogeant : « Qu’est-ce qu’il faudrait pour qu’Agassac progresse ? Peut-être plus de gourmandise en milieu de bouche. Agassac produit des raisins qui sont naturellement riches en tanins du fait de son terroir. Un travail pour rendre les tanins moins extractibles ? Un travail sur le vin de presse aussi ». Sans dévoiler le comment faire, voilà la ligne directrice pour les prochains millésimes. Si certains constataient qu’Agassac avait une certaine charge tannique, voilà que ce vin devrait gagner en souplesse, sans lui faire perdre son âme : un virage amorcé dès le 2018.

Un commercial de plus

Enfin, un château peut produire les meilleurs vins, mais n’est rien s’il ne les vend pas. Aussi, un poste supplémentaire de commercial a été créé. Pierre Alexandre Gazaille vient tout juste d’être recruté et ne manque pas d’idées. « Les négociants seront de vrais partenaires et leur nombre pourra être réduit ». Concentrer le nombre d’interlocuteurs pour mieux travailler.

Un encépagement repensé, une nouvelle offre oenotouristique avec un hôtel haut de gamme, une politique commerciale conquérante, tels sont les chantiers qui vont mobiliser les équipes. De quoi tenir le consommateur en haleine.

Mini dégustation 2019

Agassac 2019, Haut Médoc, cru bourgeois exceptionnel. Un nez qui a du poids, un petit côté viandeux. Très belle texture, vin rond, soyeux, porté par une belle fraîcheur qui est une colonne vertébrale autour de laquelle tout s’articule. Encore actuellement sur sa phase fermée après la mise. Une petite sucrosité résiduelle portée par des tanins fins. Une expression tout en potentiel. Beau vin en perspective.

Agassant, d’Agassac, haut Médoc 2019. Vin accessible d’une excellente buvabilité, charmeur. Nez sur le petit fruit rouge, une touche de tabac blond. Bouche sur le végétal noble (herbe coupée), un côté graphite et un peu crayeux. Vin réjouissant, idéal pour la restauration ou entre amis. Une bonne affaire.

Vous pouvez retrouver les vins des crus Bourgeois sur la vente privée en ligne organisée par Terre de vins et La Vinothèque de Bordeaux jusqu’à ce soir minuit.