Hervé Berland. Photo : Laurent Theillet
Hervé Berland. Photo : Laurent Theillet

Le pôle Vins et Spiritueux des frères Bouygues (Château Montrose, Château Tronquoy-Lalande, Clos Rougeard, Domaine Rebourseau…) poursuit son développement dans le cognaçais avec l’acquisition d’une centaine d’hectares supplémentaire pour des dizaines de millions d’euros.

Il y a un an, alors que la famille Bouygues sortait une cuvée confidentielle de cognac (Montrose Réserve), Hervé Berland, qui préside aux destinées de la branche Vins et Spiritueux de Martin et Olivier Bouygues confiait que l’objectif était de passer de 50 à 150 hectares d’ici peu. C’est en passe de se faire avec l’achat en cours du domaine de la famille Gourdet Didier basé à Allas-Champagne, une commune près d’Archiac, en Petite Champagne, le second cru de l’AOC Cognac. « Il reste des détails administratifs à régler mais nous sommes sans doute en train d’agrandir notre domaine d’une centaine d’hectares« , reconnaît Hervé Berland. Ladite propriété compte près de 80 hectares en Petite Champagne autour d’Allas-Champagne ainsi que 20 hectares en Grande Champagne du côté de Châteaubernard, un vignoble réputé pour avoir été très bien tenu jusqu’ici. « Nous misons sur la qualité, nous voulons de grands terroirs, nous ne voulons pas de production à outrance, de cognac de cuisine qu’on colore, mais une production de valeur, à ce sujet, nous plantons notamment de la folle blanche, un cépage délaissé à Cognac car moins productif, davantage sensible aux maladies que l’ugni blanc, mais qui donne des eaux-de-vie de meilleures factures », souligne Hervé Berland faisant référence à la « sublime » folle blanche du Domaine de Boingnères en Armagnac.

Pour le moment, l’entité cognaçaise de la famille Bouygues se concentre sur la production et de la revente aux maisons de négoce mais ne s’interdit pas dans le futur de créer une marque ou d’en racheter une. « On regarde les possibilités mais ce n’est pas simple de se faire une place dans un marché dominé par 4 ou 5 acteurs qui détiennent plus de 80% de parts de marché, toutefois des opportunités peuvent se présenter, la roue peut tourner« , ajoute le directeur du pôle Vins et Spiritueux. Dans tous les cas, la famille Bouygues se donne les moyens de ses ambitions, pour preuve cette acquisition en cours d’une centaine d’hectares. Ni le vendeur, ni l’acheteur n’ont souhaité communiquer sur le montant de la transaction. Le prix de l’hectare en Grande Champagne se négocie autour de 130 000 euros et un peu moins pour la Petite Champagne. Une acquisition comprend aussi les installations, le matériel, 4 chaudières, d’autres terres et surtout des stocks qui avoisineraient les 5000 hl d’alcool pur. Les montants qui circulent oscillent autour de 30 millions d’euros.

Par ailleurs, si, au mois de novembre 2020, Hervé Berland ne cachait pas son souhait de détenir 150 hectares, le message évolue ce mois de novembre 2021. « Nous avons la volonté d’augmenter la propriété autour de 200-250 hectares« , déclare-t-il désormais. Les Bouygues sont sur la Place.