L’Inao, qui gère les appellations agricoles françaises, a reporté l’examen initialement prévu jeudi lors d’un comité national d’un projet de révision de l’aire d’appellation géographique de l’AOC Bourgogne fortement contesté par les viticulteurs bourguignons.

« Le président du comité national a préféré retirer (ce projet) de l’ordre du jour » en raison de la dissension « entre les propositions qui allaient être discutées et les positions des syndicats de vignerons de Bourgogne », a indiqué mercredi à l’AFP une porte-parole de l’Inao, confirmant une information du Figaro.

« Le président du comité national va recevoir (jeudi) une délégation des syndicats de vignerons de Bourgogne », a ajouté la même source. « Les discussions autour de ce projet vont reprendre » et ce dernier sera « examiné lors d’un prochain comité national ».

Les viticulteurs avaient fait part de leur « colère » à propos d’un redécoupage qui devait faire sortir de l’AOC Bourgogne des « secteurs entiers de la Bourgogne historique », en particulier dans les secteurs de Chablis, de Dijon et du nord de la Côte-d’Or.

S’il conduisait à « sortir 64 communes de Bourgogne de l’aire de production de l’AOC Bourgogne », le projet de l’Inao maintenait dans l’appellation une quarantaine de communes du Beaujolais qui peuvent déjà y prétendre aujourd’hui.

« La Bourgogne c’est la Bourgogne. Et le Beaujolais, c’est le Beaujolais », avaient martelé depuis fin janvier vignerons et élus de Côte-d’Or, de Saône-et-Loire et de l’Yonne.

Malgré le report du projet, « la mobilisation reste entière », selon les vignerons de Bourgogne, qui ont décidé de maintenir un rassemblement prévu jeudi devant le siège de l’Inao à Montreuil (Seine-Saint-Denis).

« Ils se dérobent, le problème reste entier », a ainsi dénoncé auprès de l’AFP Thiébault Huber, président de la Confédération des appellations et vignerons de Bourgogne, qui appelle à « mettre en place un calendrier et une méthode de travail ».