(photos JM Brouard)
(photos JM Brouard)

La maison bourguignonne possède un ensemble de domaines qui lui permettent de proposer une gamme de vins très vastes. En dehors de ses (nombreux) grands crus, l’amateur curieux pourra faire de belles découvertes.

Est-il nécessaire de présenter la maison Louis Latour qui est l’un des principaux acteurs de Bourgogne, fondée en 1797 ? Sa gamme de vins est particulièrement importante, tant dans sa région originelle qu’ailleurs dans l’Hexagone où elle produit aujourd’hui d’autres vins intéressants. Commençons peut-être par rester en Bourgogne. A côté des prestigieux villages où la maison produit une panoplie rare de premiers et grands crus, ce sont d’autres vignobles qui pourront satisfaire la curiosité et le porte-monnaie des amateurs. Prenons par exemple Marsannay, Santenay et Rully en blanc. Chacun dotés d’une personnalité intéressante où le fruit se fait charmeur et pur, ils sont une excellente introduction à ces vins mythiques souvent décriés (à juste titre) comme inaccessibles. Bien sûr, l’on n’attend pas ici une grande complexité mais des vins bien nés et produits qui représentent de bons rapports qualité-prix (entre 20€ et 24€). Plus au nord, dans le chablisien, le domaine Simonnet-Febvre est également dans le giron du groupe. Si ses chablis sont un fer de lance, il ne faudrait pas passer à côtés des Irancy. Car ceux-ci ont un pouvoir d’attraction évident. Le lieu-dit Veaupessiot, le plus au sud de l’appellation et orienté plein sud, donne naissance à des vins aux fruits noirs bien mûrs, expressifs, généreux. Des vins tout en plénitude en bouche qui ne mégotent pas sur la puissance. Plus élégant est le lieu-dit Paradis qui offre une version plus délicate et complexe de l’Irancy. Le 2018 possède un toucher de bouche suave, particulièrement séducteur. N’oubliez pas non plus une rareté, les coteaux bourguignons en 100% césar, le cépage historique méconnu du coin. Autrefois utilisé pour renforcer les vins parfois maigrelets grâce à ses tanins expressifs, il profite pleinement des millésimes récents plus chauds. Avec ses tanins légèrement bourrus mais un fruité très agréable, c’est un vin attendrissant à découvrir.

Du Beaujolais à l’Ardèche

Et ce n’est pas tout. Car la maison possède également des vignes dans le Beaujolais avec le domaine Henry Fessy. Si la gamme permet de faire un voyage à travers tous les crus de la région, certaines étiquettes mettent en exergue des châteaux particuliers. On trouve ainsi le château des Reyssiers à Régnié dont le 2019 s’avère profond et structuré par une belle acidité, le domaine des Labourons qui se situe pour sa part sur l’appellation Fleurie et produit des vins délicats et souples. Le 2019 ne fait pas exception à la règle. Enfin, le domaine de la pierre en Moulin-à-vent dont le 2019 offre une jolie mâche, une matière déjà soyeuse bien que présente avec des élans de fruits noirs et d’épices. Et si vous voulez explorer d’autres terroirs, eh bien direction le Var où la Maison Louis Latour n’a pas attendu l’engouement pour le pinot noir pour en exploiter également depuis 1989 au domaine de Valmoissine. Et force est de constater que ce pinot noir là ne manque pas de caractère. Le Valmoissine 2019 est un beau charmeur, aux notes de fruits mûrs, une légère pointe lardée ainsi que des évocations florales. Si la matière est plutôt fine, il conserve une intéressante tension et s’étire plaisamment en longueur. Le domaine produit également une tête de cuvée, le Bellevue issu des meilleures parcelles et qui offre un beau velouté en bouche et une grande fluidité. Toutes ces cuvées moins prestigieuses sur le papier que des Chambertins ou des Cortons sont pourtant révélatrices de l’attention qui est portée par la maison Louis Latour à chacun de ses terroirs, avec la volonté de pouvoir en exprimer chacune des personnalités au mieux.