Mathias Camilleri, un vainqueur heureux ! (Photo Chris Gaffney)
Mathias Camilleri, un vainqueur heureux ! (Photo Chris Gaffney)

Brexit ou pas, les sommeliers de l’Hexagone poursuivent leur moisson de titres au pied de Big Ben. Le dernier en date est en poste au Five Fields, dans le quartier de Chelsea.

Parisien, formé à la sommellerie au lycée professionnel Albert de Mun, Mathias Camilleri est devenu à Londres le Moët sommelier de l’année du Royaume-Uni. Un titre qui s’ajoute à celui de meilleur jeune sommelier du pays acquis il y a deux ans.

Pour rafler ce titre sous le regard de Gérard Basset, Meilleur sommelier du monde 2010, il a d’abord franchi une phase de sélection régionale qui a permis de réunir ensuite les douze meilleurs dans les salons de l’hôtel Savoy. Six d’entre eux étaient français et ils étaient encore trois en demi-finale pour défendre les couleurs de la formation française : Mathias Camilleri, bien entendu, qui occupe le poste de chef sommelier au restaurant Five Fields, ainsi qu’Olivier Frayssinet (La Trompette) et Alexandre Freguin (Moor Hall).

Pour eux deux, l’aventure s’achevait à ce niveau. Ils pouvaient devenir alors spectateurs et surtout supporters de leur compatriote opposé en finale à Julia Sewell (The Fat Duck) Gareth Ferreira (67 Pall Mall), le Sud-Africain demi-finaliste du Mondial 2016.

La suite on la connaît, de la correction d’une carte de vins parsemée d’erreurs à l’épreuve de dégustation en passant par l’exercice du service, Mathias Camilleri s’est montré le plus performant !

Un riesling qui change tout

Pourtant, comme l’avoue le vainqueur, « rien ne me prédisposait au métier de sommelier. Mon avenir, je le voyais dans l’univers de la musique jusqu’à ce qu’un jour une bouteille de vin me fasse totalement changer d’orientation. C’était un riesling produit en Allemagne dans la région de la Moselle par Egon Muller, la cuvée scharzhofberger spätlese. »

Ses premiers pas dans la restauration, il les a effectués en France au Bristol, à La table du Lancaster ou chez Pierre Gagnaire, son premier poste de commis sommelier. Enfin, il y a cinq ans, il a franchi la Manche. « A la base, je suis venu au Royaume-Uni dans le but d’améliorer mon anglais et de découvrir un marché où tous les vins du monde sont représentés. J’ai débuté à The Vineyard at Stockcross avant de m’installer à Londres. Une ville dynamique où la sommellerie est cosmopolite, ce qui renforce cette interaction avec les vins venus de tous les pays viticoles. »

Après un séjour prolongé au restaurant The Medlar, il a intégré Five Fields, dans le quartier de Chelsea, afin de prendre en février 2016 le poste de chef sommelier. Des responsabilités qui ne l’ont pas empêché de bien préparer le concours. « Ce genre de compétition permet d’actualiser sans cesse ses connaissances dans un domaine en mouvement perpétuel. Cela légitime aussi mon statut auprès des membres de mon équipe. Et bien entendu c’est une remise en question permanente dont bénéficient les clients dont nous nous occupons au quotidien. »

Si ce titre profite également à son établissement, il lui ouvre désormais les portes des sélections pour représenter son pays lors des compétitions internationales comme ont pu le faire Gérard Basset jusqu’à son titre suprême, et Eric Zwiebel depuis 2013.

Les vainqueurs français depuis 25 ans

Que le concours bénéficie du soutien de Ruinart, Charles Heidsieck & Piper Heidsieck ou, comme aujourd’hui de Moët & Chandon, la domination des sommeliers français demeure une constante. Depuis 1992 et fort du succès de Mathias Camilleri cette année, ils ont décroché quinze titres !Mathias Camilleri (2017), Tanguy Martin (2015), Clément Robert (2013), Yohann Jousselin (2011),
Christopher Delalonde (2010), Nicolas Clerc (2007), Claire Thévenot (2006), Eric Zwiebel (2004), Loic Maillet (2003), Xavier Rousset (2002), Matthieu Longuere (2000), Vincent Gasnier (1997), Franck Massard (1996), Henri Chapon (1995) et Gérard Basset (1992).