Coralie de Boüard (La Fleur de Boüard à Lalande de Pomerol) vient d’annoncer le rachat, en appellation Montagne Saint-Emilion, de Tour Musset rebaptisée Château Clos de Boüard.

Quand on a passé son enfance au Château Angélus et que l’on a été « obligée » d’aller goûter des jus de raisin dans les vignes de Saint-Emilion avant d’aller à l’école, on n’en sort pas indemne. Coralie de Boüard, fille d’Hubert et membre d’une fratrie de quatre qui suivent tous les traces de leur père, vient d’acheter, toujours en famille et avec son mari Loïc Maillet, Tour Musset en appellation Montagne Saint-Emilion. La propriété vendue par Castel Frères a été rapidement rebaptisée Château Clos de Boüard après vérification que la dénomination était possible puisqu’un clos doit normalement être ceint de murs selon l’Inao. « Au début, les réponses étaient un peu floues mais finalement après avoir consulté l’INPI, les Douanes et les Fraudes, cette solution a été validée car il s’agit d’un nom de Château » explique la jeune femme. Une subtilité qui a permis de rajouter une propriété éponyme dans le portefeuille des Boüard, Coralie étant déjà copropriétaire de La Fleur de Boüard ; elle en est aussi l’ambassadrice et s’occupe de la commercialisation, son frère Matthieu de la technique .

Face aux grands crus classés

Le nouveau château bénéficie de 30 ha de vielles vignes (de 35 ans) sur la commune de Parsac, bien exposées sur des terroirs argilocalcaires en trois blocs. Le domaine est planté sur 19, 62 ha de merlot, sur 2, 59 ha de cabernet sauvignon et sur 7, 34 ha de cabernet franc, ce cépage si cher à Hubert et qui a fait la réputation de l’Angelus. Il n’est guère éloigné des grands crus classés de Saint-Émilion, face à Valandraud et Troplong-Mondot, mais nécessitera des investissements de restructuration et d’amélioration du chai, « qui est dans un état correct avec des vignes un peu délaissées mais en tout cas, l’ensemble est dans un bien meilleur état que lorsque nous avons racheté La Fleur de Boüard » souligne Coralie. La famille a déjà travaillé sur le vignoble avant les vendanges qui démarreront lundi prochain par le merlot. « Les terroirs sont assez tardifs et n’ont pas souffert de la canicule ; nous vendangerons donc en même temps que les saint-émilions ». Avec Hubert de Boüard comme œnologue conseil, le Château Clos de Boüard a d’ores et déjà opté pour une vinification intégrale sur une sélection parcellaire et des rouges fermentés et élevés 18 a 24 mois en barriques dont 50% neuves. La production devrait avoisiner les 150 000 bouteilles par an. « Cette acquisition à Montagne est un vrai challenge et une opportunité », affirme Coralie.

Toujours plus haut

« Nous entendons parcourir le même chemin qualitatif qu’avec Lalande de Pomerol qui était encore considéré, quand nous sommes arrivés en 98, comme un petit Pomerol sans terroir. Nous avons mis 15 ans à construire la marque en utilisant les dernières technologies. Et La Fleur de Boüard est devenu le laboratoire d’Angelus ». Coralie a travaillé 10 ans aux côtés de son père au marketing, à la communication et aux ventes, avant de prendre en 2012 la direction de Fleur de Bouard à Néac (100-120 000 bouteilles). Se définissant elle-même comme « une vigneronne engagée, moderne et enthousiaste », elle veut s’attacher à « amener l’appellation Lalande de Pomerol toujours plus haut en valorisant ses beaux terroirs et en travaillant le vignoble comme un premier grand cru classé ». En 2016, autre challenge, il y aura un chardonnay à Fleur de Boüard, un blanc élevé en barriques « a la Bourguignonne », comme les aime Hubert.