Après de longues délibérations, le grand gagnant du prix Primum Familiae Vini (PFV) 2021 vient d’être annoncé. Et c’est l’un des ateliers de lutherie les plus exceptionnels au monde qui sort grand gagnant, avec à la clé la concrétisation prochaine de très beaux projets autour de la transmission.

Dans un univers sans cesse en mouvement, où toute nouveauté est immédiatement balayée par une autre qui prend inexorablement sa place, les 12 domaines viticoles prestigieux qui composent l’association PFV ont souhaité célébrer la tradition familiale et la transmission comme repères fondamentaux pour l’avenir. Ces augustes maisons familiales ont toutes un passé prestigieux, remontant jusqu’au XIVème siècle. Elles ont en elles la force conjuguée de générations de passionnés qui ont insufflé leur enthousiasme et leur amour du beau geste, année après année, décennie après décennie. Et elles l’ont inscrit comme devise : “La famille, c’est la durabilité”. Cette conviction n’est pas qu’une pure incantation. Elle s’anime d’une volonté de faire partager ce creuset unique d’expériences à d’autres structures, elles aussi familiales. D’où ce prix créé en 2020, doté de 100.000 euros, qui a suscité beaucoup d’intérêt. Parmi tous les dossiers reçus et étudiés, et après délibération entre les 12 familles de PFV, c’est finalement le plus ancien atelier de lutherie d’Europe, Maison Bernard, qui a été désigné aujourd’hui comme lauréat. Une entreprise fondée en 1868, installée à Bruxelles, spécialisée dans la restauration d’instruments à cordes anciens ainsi que dans la production de nouveaux instruments haut-de-gamme.

Un livre d’art enfin publié et un processus d’apprentissage conforté

A la tête de cet atelier mondialement connu, l’on trouve Jan Strick. Depuis plus de 40 ans, il perfectionne des gestes hérités d’une tradition séculaire. Passionné par les sublimes violons, alti et autres violoncelles flamands, italiens ou bien encore français des siècles passés, il travaille depuis près de 30 ans à un superbe ouvrage visant à mettre en lumière ce patrimoine unique. Et plus particulièrement sur les luthiers flamands des XVIIème et XVIIIème siècles. “Grâce à ce prix, je vais enfin pouvoir publier ce livre, ce serait un beau cadeau”. Mais Jan n’en oublie pas son fils Matthijs avec lequel il travaille. Bien que doué de grandes qualités, celui-ci doit encore parfaire son apprentissage auprès de grandes maisons de lutherie et de spécialistes d’instruments anciens dans le monde entier. “J’ai déjà envoyé Matthijs en France, en Italie, aux Etats-Unis pour parfaire ses connaissances. […] Grâce à ce prix, mon fils va pouvoir retourner à Chicago chez l’un des principaux vendeurs de violons d’exception ainsi qu’à Boston dans l’un des meilleurs ateliers de restauration au monde. L’avenir de mon affaire est entre les mains de mon fils” confie Jan. Et à entendre Matthjis parler de l’amour qu’il met dans chacun de ses gestes, de sa fierté à aider et transmettre son savoir par le biais d’associations comme “Luthiers sans frontières”, la pérennité de la Maison Bernard semble assurée pour de longues années. Ajoutez à cela une future rencontre entre les Strick père et fils et les membres de PFV qui s’annonce enrichissante pour toutes les parties. Et vous obtenez l’essence de ce prix unique né dans l’univers du vin et œuvrant plus généralement pour le monde de l’artisanat de noble tradition.