Passionné et solaire, ce partisan de la biodynamie, créateur du domaine « L’Ether de Vénus » en Dordogne, fait découvrir son premier millésime en rouge et blanc durant le salon « Terre de Vins » de La Rochelle, jusqu’à ce soir 18h30 à l’Espace Encan.

Certains veulent être médecin, pompier ou super-héros. Lui voulait devenir vigneron. A 43 ans, c’est chose faite. Damien Guillaume a acquis l’an dernier un vignoble de 3,5 ha à Saint-Seurin de Prats, en Dordogne, dans le Périgord pourpre, qu’il chouchoute avec amour et conviction environnementale, selon les préceptes de la biodynamie. Bien ancrée, sa vocation vigneronne a été confortée au fil des années, guidée par des rencontres marquantes qui ont jalonné sa vie et façonné ses choix. Récit d’une évidence.

Le patrimoine génétique aurait-il un peu orienté la carrière de Damien Guillaume ? Possible. « Je suis né dans les vignes et les ai côtoyées toute mon enfance » raconte celui dont la famille maternelle détenait un vignoble à côté de Fronsac, dans le bordelais. Mais c’est à l’âge de 14 ans que l’évidence s’impose, lorsque sa grand-tante vigneronne lui fait déguster son tout premier vin. « Ce jour-là, je suis tombé amoureux du vin » se souvient-il, le sourire encore aux lèvres. Sûr de ses envies, le jeune homme suit alors un cursus dans le vin à Bordeaux, puis fait ses armes sur le terrain. En Californie et Nouvelle-Zélande, d’abord, en France ensuite, tant sur des petits domaines que dans des structures de taille industrielle, à la vigne comme au chai… avide de découverte, Damien Guillaume apprend toute la diversité du monde du vin.

La magie des plantes

Au tournant des années 2000, il fait une rencontre déterminante pour la suite de son parcours viticole, lorsque son chemin croise celui de Patrice et Isabelle Drai, producteurs de plantes médicinales et aromatiques en biodynamie en Dordogne. « J’ai trouvé ça magnifique, les odeurs me transportaient » se souvient-il. Fasciné, il décide de créer en 2008, parallèlement à son activité de salarié dans le vin, sa propre activité de plantes médicinales, certifiée bio 2008 et Demeter 2014. Mais toujours guidé par patience et sa persévérance, Damien Guillaume n’a pas perdu son objectif premier de vue : « s’installer en tant que vigneron ». Le rêve prend finalement forme en 2017 lorsqu’il acquiert un vignoble de 3,5 ha planté sur des terres alluviales en plaine entre Castillon et Sainte-Foy-la-Grande.

« Casser les codes »

Damien Guillaume a-t-il douté et tremblé en se lançant ? « J’ai lâché une situation stable de salarié pour me balancer les deux pieds dans le vide. Evidemment, j’ai douté, je doute encore, mais les doutes passent comme ils viennent » répond-il en toute sincérité. Riche de la variété de ses expériences passées, celui qui se décrit comme un « artisan vigneron et paysan jardinier » a l’envie de « casser les codes, de faire des vins à son image, qui respectent et amènent bien-être à ceux qui les boivent ». Pour manifester ses convictions, il choisit un nom original et plein de sens, « l’Ether de Vénus », et crée ses étiquettes en forme d’ode à la sculpture préhistorique « La Vénus à la corne » exposée au Musée d’Aquitaine, symbole de fertilité et fécondité.

En deux couleurs

Sur le salon de La Rochelle, Damien Guillaume fait déguster son premier millésime, 2017, en rouge et blanc. Ses vins, dotés d’une belle buvabilité, font la part-belle au fruit, avec une trame sur la fraîcheur. Le blanc « Achillea » 100 % sémillon, au nez fin et floral, possède un joli volume en bouche sur le fruit (pêche blanche, poire williams) s’achevant par une finale vive (anis) et légèrement boisée. A déguster avec des coquillages, crustacés, poissons grillés ou en sauce, mais aussi des fromages à pâte cuite (9,20 €). Sa cuvée rouge « Malva », assemblage de merlot et cabernet franc, se veut un vin plaisir sur les fruits rouges (griotte) et légèrement acidulé, avec une touche vanillée en finale. En bouche, l’attaque est souple et gourmande, le fruit toujours bien présent et les tanins croquant (8,60€). A déguster avec une volaille à la plancha ou un agneau au thym.

Touché par le gel à hauteur de 70 % en 2017, le vigneron espère « une belle année 2018, de belles vendanges, et que la nature soit avec nous! » On croise les doigts pour lui !