Ce deuxième grand cru classé 1855 à Sauternes connait une révolution spectaculaire qui révèlE les objectifs ambitieux du château. Après l’inauguration du nouveau chai en 2019, l’année 2020 aura vu l’arrivée d’une nouvelle équipe. En 2021, ce sera la déclinaison d’une nouvelle gamme de vins qui contribuera à mettre le château d’Arche sur sa nouvelle trajectoire et à affirmer davantage sa nouvelle identité.

Trois nouvelles recrues sont chargées d’impulser cette nouvelle dynamique.
Caroline Rihouet. Cette hospitality manager & communication est licenciée de l’Ecole Vatel de Bordeaux, cursus management en hôtellerie et tourisme. Après un tour du monde durant deux années nous la retrouvons au château Soutard (grand cru classé à Saint Emilion) pendant 7 ans sur un poste de responsable communication, œnotourisme et hospitality. Elle était chargée de “piloter la stratégie globale de communication pour garantir la premiumisation de la marque et des vins du groupe”. Son expérience d’ambassadeur de la marque en France et à l’étranger n’ont pas manqué d’intéresser le château d’Arche.
Mathieu Arroyo. Il est le nouveau Directeur Technique. Arrivé au château en août 2020, il remplace Jérôme Cosson parti à la retraite. Ce diplômé de la faculté d’œnologie de Bordeaux acquiert de l’expérience en étant notamment responsable technique pendant neuf ans au château Couhins (cru classé de Graves) qui est la propriété de l’INRAE : ce laboratoire haut de gamme lui permet d’acquérir une solide expérience et le goût de l’expérimentation avant d’être recruté par le château d’Arche. Matthieu Arroyo s’amuse de revenir à Arche, “là où je me suis marié”. Il a commencé ici un travail de fond en contribuant fortement à la nouvelle définition des vins du château d’Arche. Les expérimentations ne lui font pas peur et sont même encouragées par le nouveau Directeur Général Didier Galhaud. Parmi ses nombreuses missions, il “doit préparer la cohabitation de l’activité viticole aux abords du château avec celle du futur hôtel qui recevra des clients”, nous dit Didier Galhaud : des clients qu’ils faudra préserver de certaines nuisances sonores notamment. Et de tester, entre autres, un nouveau tracteur électrique. La conversion en bio, “qui sera achevée pour 2024”, fait aussi partie de ses nombreuses missions. Nul doute que ,dans sa feuille de route, la liste des objectifs à atteindre est ambitieuse mais aussi originale : un challenge qui motive Mathieu.

Enfin, pour piloter l’ensemble de ces projets, un poste de Directeur Général Délégué a été créé. C’est Didier Galhaud qui a été recruté. La tâche qu’il a à accomplir est immense mais ne fait pas peur à ce multi-diplômé. On mentionnera qu’il a été, dans le monde du vin, gérant de PME, puis Directeur commercial, mais surtout qu’il a occupé, pendant ces dernières 14 années, au château Guiraud (1er grand cru classé 1855 à Sauternes) divers postes qui feront de lui un homme d’expérience connaissant tous les domaines. C’est bien cela qu’il fallait pour piloter les 53 ha du château d’Arche appelé à être un fer de lance du Sauternais et à consolider sa marque premium. Didier Galhaud souhaite “de l’innovation dans la tradition en utilisant des moyens nouveaux pour anticiper sur l’avenir”.

La nouvelle gamme : aller plus loin dans l’identité

Le nouveau chai très moderne permet de lancer de nouveaux produits sous la houlette de Mathieu Arroyo et de Didier Galhaud. La déclinaison d’une gamme se fait généralement en s’appuyant sur le nom du château classé et de son produit phare. Mais là où certains s’arrêtent à cette étape pour promettre la qualité, on estime à Château d’Arche que cela ne suffit pas pour asseoir la gamme et acquérir une notoriété. Il faut une identité forte pour chacun des produits, avec des caractéristiques propres et bien définies pour qu’elles ne laissent pas le dégustateur indifférent et qu’elles l’interpellent. En clair, il faut que la promesse de qualité soit tenue. Pour cela il fallait s’en donner les moyens par l’acquisition d’une qualité supérieure à la moyenne des vins produits. Les vins de la nouvelle gamme du château d’Arche sont originaux et séduisent par leur originalité et leur élégance.

• A, château d’Arche Bordeaux rosé 2020. C’est bien entendu un bordeaux mais avec un petit plus qui le démarque. Et, dans notre cas, c’est un rosé… boisé ! Le secret : “3 mois de barrique pour ce rosé qui entre dans 10% de l’assemblage”. Pour Matthieu, “c’est l’élément différenciant”. Il y a un risque à boiser du rosé mais celui-ci est parfaitement dosé et apporte en bouche une touche d’originalité grâce à son très léger grain. Suffisamment pour en faire un vin de repas qui intégrera plus que d’autres la capacité à s’allier à des plats (pour lesquels on servirait d’habitude du rouge) mais tout en restant frais et suffisamment léger pour être aussi un rosé de plaisir : un subtil équilibre. Ce rosé tape juste, en élargissant sa palette d’utilisation tout en restant haut de gamme. Une couleur pâle, très légèrement saumonée. Nez de bonbon anglais. Bouche légèrement poivrée, et une légère sucrosité résiduelle. Une allonge et de l’éclat.
• A, château d’Arche, Graves rouge 2020. 95% de merlot. “Les vignes sont sur un terroir qualitatif, sur un socle calcaire, recouvert d’une mince couche d’argile, avec de la pente, entouré de bois”. 1/3 cuve + 1/3 barrique d’un vin + 1/3 barrique neuve. Le nez est très expressif, sur le cassis, la framboise, et la pivoine, mais aussi la cerise. On trouve en bouche des tanins soyeux qui en font un vin qu’on peut boire jeune mais qui peut être attendu cinq ans environ.

• A, château d’Arche Bordeaux blanc sec, 2020. Pour Matthieu, ce blanc “doit représenter l’encépagement du sauternais” (le sémillon très majoritairement). Il est “l’incarnation de la redéfinition du blanc d’Arche”. Et si on a l’habitude d’utiliser le botrytis pour faire du liquoreux, “on l’utilise aussi pour faire du sec. L’attaque du botrytis provoque un mécanisme de défense de la part du raisin pour multiplier ses précurseurs aromatiques” (voir photo). Le résultat d’un travail d’analyse scientifique qui sert l’expression aromatique de ce vin. Arômes de fleurs blanches. 90% sémillon (d’où une bouche ample et grasse), sur des notes d’agrumes (citron, pamplemousse). Et un élevage particulier : “60% de la récolte est faite en barrique et sur ces 60%, 20% en barrique neuves et 80% en barriques d’un vin de sauternes”. Un assemblage très étudié. La notoriété de ce vin blanc sec, typique du sauternais, s’est bien sûr faite sur leur encépagement (sémillon) qui rompt avec la tradition du sauvignon majoritaire en bordelais Mais il propose de déplacer le curseur de la vivacité vers la rondeur, le gras, la finesse et une complexité subtile. Ce vin blanc sec entre dans la très renommée et si caractéristique catégorie des blancs secs haut de gamme des crus classés de Sauternes. Il est de tradition de les nommer par la première lettre du château : S de Suduiraut, G de Guiraud, Y d’Yquem… Il faudra compter désormais sur le A de Arche. Château d’Arche applique ce procédé à ces deux autres vins, le rosé et le rouge, comme pour rappeler qu’il sont positionnés sur de la haute qualité dans leur appellation. La notoriété des blancs secs du Sauternais s’est bien sûr faite parce qu’elle est adossée à la marque mais aussi parce que la promesse de qualité est au rendez-vous. Une promesse qui est tenue pour ces trois vins.

On retiendra également un surprenant vin blanc effervescent (méthode champenoise) dans lequel on trouvera 8% de Sauternes dans l’assemblage et aussi, “Soleil d’Arche” le second vin du château, un Sauternes qui se vend très bien, conditionné dans une très belle bouteille carafe, originale.
Château d’Arche n’en a pas fini avec son parcours vers l’excellence. Il faudrait parler du projet d’hôtel très haut de gamme, de la conversion en bio, de l’éthique qui anime le travail de la terre et de son ambition d’augmenter la surface du vignoble. Autant d’arguments qui militent pour un château d’Arche qui contribue à éclairer de sa belle lumière le Sauternes.