Autour de son nouveau chai éco-certifié, le grand cru classé de Sauternes compte créer un site œnotouristique à dimension internationale. Le Château d’Arche veut encore développer la partie “hospitalité” du site pour une offre touristique complète.

“Il y a deux ans, nous avions signifié notre entrée dans le renouveau. Château d’Arche dit ce qu’il fait et fait ce qu’il dit.” Le ton, résolu, est à la hauteur des ambitions que s’est fixé le grand cru classé en 1855 de l’appellation Sauternes. Le Château d’Arche vient de présenter son nouveau chai éco-certifié : un ouvrage de 2500 m2, prêt à accueillir le millésime 2019. Jouant avec la sobriété du noir sur laquelle contraste un bardage brut en tronc d’acacia, le chai revendique simplicité, modernité et efficacité écologique.

Du toit végétalisé pour assurer l’inertie thermique jusqu’au cuves en inox micro-poli (moins de dépôts tartriques donc moins de nettoyage) en passant par les sols lisses et inclinés pour réduire la consommation d’eau -que le domaine recycle d’ailleurs en partie- : ce nouveau chai couronne la transition environnementale entamée dès 2010 par le château.

Grand cru bientôt bio

Réalisé en deux ans par des entreprises locales pour un coût total de cinq millions d’euros, le bâtiment a été conçu par l’architecte Benoît Sacaze, lui-même originaire du sud de la Gironde. Ses huit mètres de haut s’intègrent en toute discrétion sur la courbe du coteau. Le Sauternais étant un site inscrit au patrimoine, les architectes des bâtiments de France ont veillé au grain.

Mais loin d’être l’aboutissement final d’une démarche éco-responsable, ce chai marque plutôt une étape dans un projet plus ambitieux qui veut allier écologie et œnotourisme. Jean-Louis Couffinhal, délégué général, a annoncé le passage en bio, dès la fin de l’année, de dix hectares de vignes du Château Padouën (propriété du Château d’Arche). « Un galop d’essai » qui pourrait bien aboutir à la conversion de l’intégralité du vignoble. « Nous répondons déjà à 80 % des exigences du cahier des charges du bio », confirme Jérôme Cosson, le directeur d’exploitation.

Un futur site œnotouristique

Et le Château d’Arche compte bien valoriser cet engagement environnemental pour faire décoller l’œnotourisme, l’autre volet de son plan de développement. Avec sa boutique et sa salle de réception de 200 m2, le nouveau chai est la pierre d’angle d’un futur site œnotouristique à dimension internationale, ambitionne Philippe Boël, président du domaine. Un site qui devrait accueillir entre 10 et 12 000 visiteurs par an et profiter à toute l’appellation, insiste Jean-Louis Couffinhal. A l’heure où « le sauternes n’est plus à la mode », « nous devons chasser en meute », rappelle le délégué général. Surtout à l’international.

Le Château d’Arches espère notamment s’appuyer sur le tourisme fluvial et le port de Langon. Mais surtout, le domaine veut développer « la partie hospitalité » du site pour une offre touristique complète. Après le chai, ce sera « l’acte deux » de ce renouveau. Que faut-il entendre par « partie hospitalité » ? Mystère : le Château d’Arche ménage ses effets de surprise. Le grand cru classé de Sauternes dévoilera ses cartes au printemps 2020.

Ci-dessous, de gauche à droite :
Jean-Louis Couffinhal, délégué général ; Paolo Poma, administrateur et vice-président de SA Château d’Arche ; Eliane et Philippe Boël, président de SA Château d’Arche ; Jean-Michel Descamps, maire de Sauternes ; Jérôme Cosson, directeur d’exploitation de SA Château d’Arche ; Benoît Sacaze, architecte.

Encadré

La nouvelle étiquette de Château d’Arche
Plus moderne, plus sobre, l’étiquette de Château d’Arche change et reflète sa volonté de renouveau. On y retrouve l’arche symbolique du domaine et le papier légèrement irisé répond en toute simplicité aux reflets dorés du vin.