Accueil Les Tontons Trinqueurs : faut reconnaître, c’est du brutal !

Les Tontons Trinqueurs : faut reconnaître, c’est du brutal !

Auteur

Jean-Michel
Brouard

Date

01.04.2017

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C’est par ce mot d’ordre très « lautnerien » que 40 vignerons de grande qualité se sont retrouvés comme chaque année pour une dégustation à Paris. Retour sur quelques coups de cœur.

Point d’eau pétillante pour la jeunesse ou d’eau de régime pour les anciens combattants. Mais du vin à foison, et du bon ! Le programme des réjouissances des retrouvailles des Tontons Trinqueurs cette semaine à Paris avait de quoi mettre tout le monde d’accord. 40 vignerons dont 4 invités venus de toute la France pour l’occasion s’étaient donné de nouveau rendez-vous pour faire (re)découvrir leurs nectars. Car disons-le tout de suite, ils n’étaient tout de même pas venus pour beurrer les sandwichs ! Mal de mer ou pas, c’est sur une péniche qu’ils ont accueilli tout le monde. Les bons vignerons ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnaît ! Et quand vous passez d’Hubert Lamy en Bourgogne au champagne Jacquesson, du domaine Uroulat dans le sud-ouest à celui d’Aupilhac dans le Languedoc, c’est presque le Tibet !

Quand c’est bon, c’est bon !

Ah, les Tontons flingueurs n’auraient pas boudé cette dégustation et s’y seraient senti comme des poissons dans l’eau, sans migraine ni « nervous breakdown ». Une évidence avec le domaine Olivier Merlin dont les vins du mâconnais livrent une belle expression régionale à l’image du Saint-Véran Le grand Bussière 2015 (20,30€) parfaitement équilibré et doté d’une matière dense, légèrement exotique et évoluant vers des notes de poivre blanc. Pour continuer, le Chablis « dessus la carrière » 2014 du domaine Gilbert Picq, avec son ampleur et sa vivacité, s’est avéré fort plaisant.

La qualité des vins du domaine Hubert Lamy n’est, pour sa part, plus à démontrer, comme cet excellent Saint-Aubin premier cru « clos de la chatenière » aux vignes de plus de 50 ans. Et au fil des stands, beaucoup d’aventures familiales. Les histoires de famille c’est comme les croyances, ça force au respect… C’est le cas pour le domaine Uroulat où Charles, le père, et Marie, la fille, proposent des Jurançon secs et moelleux admirables et qui vieillissent parfaitement bien. Gros manseng pour les secs, petit manseng pour les moelleux. Ces derniers sont des pépites à la sucrosité parfaitement intégrée, très souples en bouche et frais grâce à une acidité bien présente.

L’Uroulat 2014 (21€) mérite notamment d’être considéré avec attention avec ses notes citronnées particulièrement gourmandes. Et que dire du domaine Cosse Maisonneuve à Cahors ? Catherine et Mathieu font des merveilles avec le malbec et démontrent depuis la création de leur domaine ex nihilo en 1999 que ce terroir donne de grands résultats. Leurs 25 hectares leur permettent de produire différentes cuvées en biodynamie, dont « Le Combal » très floral et épicé en 2014 avec un toucher de bouche velouté. La bouteille parfaite pour changer d’avis sur le Cahors sans se ruiner (11€). Certains vins sont évidemment plus sérieux et mériteront d’être carafés plusieurs heures comme « Les Laquets » dont le 2014 (28€) dispose d’un très beau fruité et d’une matière dense et serrée mais excessivement élégante. Du lourd on vous dit…