Lauréat du Prix Spécial du Vigneron Engagé en 2021, Laurent Cassy nous fait partager son regard sur les Trophées Bordeaux Vignoble Engagé et sur l’engagement des vins de Bordeaux en matière de développement durable.

Propriétaire du château Chillac dans l’Entre-deux-Mers (55 hectares de vignes, 20 hectares de céréales et 3 hectares de bois), président du Syndicat des Vignerons bio de Nouvelle-Aquitaine, Laurent Cassy a été désigné « Vigneron Engagé de l’année » lors des Trophées Bordeaux Vignoble Engagé 2021. Alors que la quatrième édition est en route (les inscriptions sont ouvertes jusqu’au 4 mars), il nous fait partager son expérience et son regard sur les enjeux de développement durable dans le vignoble bordelais.

Un an après reçu le Prix Spécial du Vigneron Engagé, comment avez-vous vécu cette récompense ?
C’est toujours un immense plaisir de recevoir une telle reconnaissance pour tout ce que l’on a mis en place, mais c’est particulièrement gratifiant pour toute l’équipe. C’est un travail collectif. Nous traversons tous une période compliquée, et ce genre de récompense vient nous indiquer que l’on a bien bossé, et que l’on est sur la bonne voie.

Ce coup de projecteur a-t-il eu des effets vertueux, pour vous mais aussi pour l’engagement que vous portez ?
Bien sûr, en tant que vigneron, et en tant que président des Vignerons bio de Nouvelle-Aquitaine, cela a fait caisse de résonance. C’est une communication positive qui crée une émulation, cela permet de donner l’exemple aux jeunes générations, de partager des idées, des informations, des bonnes pratiques. De plus en plus de vignerons s’engagent vers le bio, ils suivent la voie que nous avons tracée, et nous nous employons à les accompagner. Je dirais que l’enjeu aujourd’hui, c’est de communiquer encore plus fort, de faire savoir, par tous les canaux possibles, que ces initiatives existent.

Comment voyez-vous l’évolution des Trophées Bordeaux Vignoble Engagé en quatre éditions ?
Ces trophées sont une bonne initiative, qui met le projecteur sur les bonnes pratiques. Cela fait du bien de voir que bon nombre de vignerons font des efforts, cherchent de nouvelles voies. Ils le font souvent trop discrètement, alors ces trophées permettent de le mettre en lumière. C’est aussi pour eux que nous avons voulu porter la récompense de l’année dernière : vous savez, nous ne sommes que quatre à travailler sur l’exploitation, et pourtant on montre à notre petit niveau que les choses sont possibles.

Vous êtes très engagé en faveur du bio. L’agriculture biologique est-elle la seule voie possible selon vous ?
Toutes les démarches environnementales sont intéressantes pour accompagner le changement, et il faut soutenir toutes les initiatives vertueuses. Mais ce n’est pas toujours lisible pour le consommateur, qui a du mal à s’y retrouver entre les nombreux labels. Si l’on veut simplifier, il y a deux grandes voies qui se dessinent aujourd’hui : le « conventionnel » et le bio. La certification en agriculture biologique est selon moi un aboutissement, qui apporte une reconnaissance supplémentaire et une validation de la part du grand public. Le bio, c’est aussi du bien-être pour le vigneron comme pour le consommateur. Les certifications comme HVE ou Terra Vitis ont leurs mérites, mais elles sont pour moi des labels de transition qui invitent à aller plus loin. Cependant il ne faut stigmatiser personne, ne pas montrer du doigt. Si certains ne vont pas vers le bio, c’est souvent par peur, car cela implique une prise de risque. Il faut donc conseiller, expliquer, accompagner.

Pour vous, Bordeaux a fait sa prise de conscience environnementale ?
Oui, on sent que la prise de conscience a eu lieu. Le chemin sera encore long, mais l’évolution sociétale est en route, l’évolution du climat est sous nos yeux, et le vigneron adapte ses pratiques. Nous devons cultiver notre capacité collective à nous adapter aux aléas climatiques et aux enjeux environnementaux. Et nous devons reconnecter le consommateur à la réalité des pratiques agricoles, dont il est trop éloigné. C’est un travail d’éducation, de transmission, mais aussi de culture du vin. Il y a de quoi faire…

Les inscriptions sont ouvertes jusqu’au 4 mars en suivant ce lien : www.trophees-bve.fr

Le jury se réunira dans le courant du mois d’avril, et le palmarès sera dévoilé le 17 mai 2022 dans le cadre d’une cérémonie qui se déroulera à la Cité du Vin de Bordeaux. N’attendez pas pour vous inscrire !

Contact : trophees-bve@terredevins.com / 05 35 31 21 62