Cette semaine, la société bordelaise qui cultive les vignes de ses six domaines de Nouvelle-Aquitaine selon les principes de la biodynamie, conviait des élèves de primaire et des collégiens pour deux sessions de récolte et sensibilisation éco-responsable.

C’est devenu une tradition. Chaque année depuis quatre ans, des vendangeurs en herbe prennent les sécateurs le temps d’une journée pour vendanger dans l’une des propriétés détenues par Bordeaux Vineam. En ce millésime 2019, une trentaine d’élèves de 4ème du Collège Alain Fournier (Bordeaux) ont été accueillis mardi dernier au Château Rocher-Bellevue (AOC Castillon Côtes de Bordeaux), puis une classe de CP de l’école Le Pian sur Garonne jeudi au Château Grillon (AOC Sauternes). Mais outre cette mission de récolte, cette année, les élèves ont pour la première fois également bénéficié d’une sensibilisation pédagogique et ludique à la biodynamie, qui tient particulièrement à cœur à Jean-Baptiste Soula, directeur général, et Gilles Bayle, directeur des domaines, présents pour accompagner les élèves tout au long de leur périple de vendangeur.

En matière de bio et biodynamie, le groupe a l’expérience des années, lui qui se passe des produits chimiques de synthèse, herbicides et OGM depuis 1999. Bordeaux Vineam est aujourd’hui à la tête de 270 ha d’AOC certifiés en agriculture biologique et HVE (Haute Valeur Environnementale de niveau 3), et cultive désormais toutes ses propriétés en biodynamie. Le pionnier de cette démarche a été le Château La Salagre à Bergerac, mené en bio depuis vingt ans et certifié en biodynamie pour les vendanges 2019, tout comme les châteaux Bourdicotte et Grand Ferrand en Entre-deux-Mers, déjà en bio depuis 2013. A ce trio s’adjoignent désormais le cru bourgeois de Moulis château Moulin-à-vent, le château Grillon à Sauternes, et le château Rocher Bellevue en Castillon côtes-de-Bordeaux.

Récolte pédagogique

Après un brief du vendangeur en bonne et due forme autour de la méthodologie et la sécurité (il serait tout de même malencontreux de laisser un ou plusieurs doigts dans l’expérience!), les jeunes vendangeurs de 4e ont se sont essayés à la préparation et l’enterrement de bouses de cornes (voué à stimuler la croissance générale du système racinaire de la vigne), qu’ils viendront déterrer au printemps afin de créer des préparations pour les vignes. Les élèves de CP se sont quant à eux adonnés à la réalisation d’un herbier.

Plus largement que la familiarisation avec la nature et le métier de vigneron, ces journées étaient aussi l’occasion d’un cours ludique hors-les-murs des établissements scolaires, sur la vigne et le vignoble en général et bordelais plus spécifiquement, ainsi que sur la prévention liée à la consommation d’alcool, notamment auprès des adolescents. « C’est important de leur parler des dangers liés à la consommation d’alcool, notamment à cet âge, expose Jean-Baptiste Soula. A l’attention des adultes accompagnateurs présents, professeurs et parents, on engage également à une consommation restreinte. »

Enthousiasme de la grappe à la bouteille

« Quand on présente ces vendanges lors de la réunion parents-profs, les parents sont certainement les plus excités, constate, amusé le directeur général. Beaucoup ont une cave, ont vendangé quand ils étaient étudiants… Donc ils se pressent pour accompagner et encadrer ! » Ce qui les enthousiasme également certainement, c’est de savoir qu’ils pourront acquérir la cuvée vendangée par leurs chères têtes blondes au printemps. Les élèves de 4e ont en effet toute l’année scolaire pour imaginer l’étiquette de la future cuvée, qu’ils reviendront mettre en bouteille en 2020 avec leurs familles, et dont ils assureront eux-mêmes la commercialisation. « Au printemps, une centaine de personnes viennent à la propriété, on installe une ligne de tirage manuel, ils bouchent, collent les étiquettes, les parents commandent les bouteilles… On fait un gros pique-nique, c’est très festif, c’est un très bon moment qui clôture l’année scolaire » raconte Jean-Baptiste Soula. Dans un objectif pédagogique toujours, les revenus de cette vente sont employés pour financer un voyage scolaire de cette 4e « section américaine » aux USA.

Quelques mots sur millésime 2019

Et puisqu’il s’agit de vendanges, on ne peut résister à poser la question fatidique : « alors, comment s’annonce ce millésime 2019 sur l’ensemble des propriétés ? » En terme de qualité, « quel que soit le vignoble, je ne suis pas inquiet, répond sans hésitation le directeur général. Depuis quelques années, on a des étés indiens fabuleux. On a en 2019 de très belles maturités, de belles couleurs et matières, des vins aromatiques, assure-t-il. La pluie juste avant les vendanges a permis de ne pas avoir des degrés alcooliques trop élevés. » Du côté des rendements, dans la moyenne côté Médoc et Castillon Côtes-de-Bordeaux, ils sont en revanche « moins pléthoriques en Entre-deux-Mers et à Bergerac, où les vignes ont un peu pâti du gel et de la sécheresse. »