(photos M. Boudot)
(photos M. Boudot)

Marc Almert, sacré Meilleur sommelier du monde en mars dernier à Anvers, était présent aujourd’hui à Vinexpo / Wine Paris sur le stand des vins allemands pour animer une série de dégustations thématiques. Une session consacrée aux vins effervescents a permis de constater que les bonnes bulles sont aussi à dénicher outre-Rhin.

Il avait créé la surprise en mars dernier à Anvers en devenant, à 27 ans, Meilleur sommelier du monde. L’Allemand Marc Almert était présent aujourd’hui au salon professionnel Vinexpo / Wine Paris pour animer une série de dégustations sur le stand des vins de son pays natal. Une série de sessions thématiques animées en toute décontraction, histoire de rappeler – si besoin était – que ce jeune professionnel n’a pas pris la grosse tête en s’appropriant la couronne. Marc Almert incarne une nouvelle génération de sommeliers dont l’approche “décomplexée” du vin fait du bien. Et comme rien n’arrive par hasard, une autre figure de cette nouvelle génération assistait à cette série de dégustations : Charlotte Guyot, Meilleure jeune Sommelière de France – en pleine préparation pour les présélections du futur concours de Meilleur Sommelier de France (voir photo ci-dessous). La relève n’a pas peur de se frotter aux vins du monde entier, et c’est tant mieux : s’il n’est pas un secret que les vins allemands recèlent de nombreuses pépites en rouge comme en blanc, la production de vins effervescents – produits sous la dénomination “Sekt” – est encore largement méconnue, surtout de notre côté du Rhin. Et pourtant, elle dispose de quelques arguments, comme l’illustrent les cinq cuvées sélectionnées par Marc Almert. Dégustation.

Wingut Leon Gold
Cuvée IDA MARIE 2017 Brut
Région du Württemberg
14 €

Assemblage 50% pinot noir 50% meunier, dosé à 7 g/L, élevé deux ans sur lies, ce vin présente un premier nez assez intense et mûr, sur le fruit à coque, avec des notes miellées. L’aération lui donne un caractère plus aérien et délicat, légèrement herbacé. La bouche est droite, traçante, sur des notes d’agrumes et de tilleul, avec une finale tranchante où prédomine la trame acide. Plutôt désaltérant, à défaut d’être complexe.

Weingut Emrich-Schönleber
Riesling Sekt Brut 2016
Région de la Nahe
15 €

Un 100% riesling, et cela se ressent dès le premier nez qui déploie toutes les notes aromatiques typiques de ce cépage. Les notes pétrolées et de fruit jaune expressif se révèlent séduisantes, et l’on sent une tension qui se confirme en bouche. Bel équilibre entre la tension et le crémeux, la vinosité et la tonicité, une effervescence bien maitrisée, une aromatique gourmande et un profil rafraîchissant, une bonne allonge. La finale est savoureuse et signée par de jolis amers. Deux ans sur lies, dosage 8 g/L.

Von Buhl
Cuvée Réserve Brut
Région du Palatinat rhénan (Pfalz)
16 €

Attention, il y a du monde. Cet assemblage 2/3 pinot blanc 1/3 chardonnay, élevé deux années sur lies et dosé à 7-8 g/L, se signale par son nez opulent, charmeur, où dominent des arômes de raisins frais et de subtiles notes beurrées. Derrière cet éclat du nez, la bouche présente un caractère onctueux, crémeux, charnu, ample, mais très digeste. C’est à la fois vineux, élégant et savoureux, et résolument taillé pour la table.

Schloss Vaux
Rosé Brut 2016
Région du Rheingau
15 €

Ce rosé de saignée, assemblage de quatre cépages, élevé un peu moins de deux ans sur lies et dosé à 9 g/L. Derrière la robe pétale de rose et la bulle fine, on trouve un nez très floral (rose, violette, jasmin) puis une bouche bien équilibrée entre chair et finesse. Rien de démonstratif dans ce rosé plutôt délicat, marqué par la cerise blanche croquante et mûre.

Raumland
Grande Cuvée “Trimuvirat” 2010
Région de la Hesse rhénane
38 €

Avec ce “Triumvirat” pinot noir / meunier / chardonnay, on voit tout de suite où les producteurs veulent aller. Y compris dans le positionnement prix. C’est vers la champagne que l’on lorgne ici avec ce millésimé, et le champagne de gastronomie. Élevé huit ans sur lies, dosé à 4,5 g/L, ce vin présente un nez très vineux, riche, très intense aromatiquement : on devine de légères notes osydatives, du fruit jaune très mûr voire du fruit exotique, et même (merci Charlotte Guyot !) un côté “soupe à la tomate” très inattendu. La bouche est très ample, complexe, savoureuse et salivante.