Une Master Class organisée ce matin, dans le cadre de Vinisud, par le Conseil Interprofessionnel des Vins de Provence (CIVP) a permis à ce dernier de souligner plus que jamais sa place de leader sur le marché du rosé. En France comme à l’international.

Laissons parler les chiffres. 1, 3 million d’hectolitres produits en 2015, soit 174 millions de bouteilles, dont 88, 5% en rosé. Un vignoble étendu sur un peu plus de 26 000 hectares et 3 départements. La première région productrice de rosé AOC (39% de la production française, 5, 6% de la production mondiale). Malgré une concurrence nationale et internationale de plus en plus intense, la Provence demeure clairement l’El Dorado du rosé, comme a tenu à le démontrer le CIVP dans le cadre d’une Master Class organisée ce matin au salon professionnel Vinisud. Une Master Class qui a eu l’intérêt de dresser un panorama très complet du marché mondial du rosé, un vin qui comme le soulignait récemment Florence Barthès, directrice générale de Pays d’Oc IGP, “n’est plus un phénomène de mode, c’est un phénomène de consommation”.

Une production et une consommation en hausse

Les chiffres sont une fois de plus éloquents. La production mondiale de rosé est passée de 20 à 24 millions d’hectolitres entre 2002 et 2014, là où les autres couleurs auraient tendance à stagner. Elle représente aujourd’hui 10% de la production (et de la consommation) de vin tranquille dans le monde. Dans ce contexte, la France est évidemment premier producteur (30%, suivie par l’Espagne 21%, les États-Unis 14% et l’Italie 10%), mais aussi le premier consommateur (36%, suivie par les États-Unis, l’Allemagne, le Royaume-Uni, l’Italie et l’Espagne). La France est donc un marché particulièrement porteur, puisque la consommation de rosé y a augmenté de 43% entre 2002 et 2014. Le corollaire est évident : nous sommes aussi le premier importateur d’un produit qui s’échange de plus en plus à l’international. Les premiers pays exportateurs sont l’Espagne et l’Italie, mais la France demeure leader sur les produits “valorisés” (comprendre : milieu et haut de gamme). Les vins de Provence pour leur part, vendent à 79% en France, mais la part de l’export a quadruplé entre 2001 et 2015, et progressé de 33% l’année dernière seulement.

L’autre évolution intéressante est celle montrée par Gilles Masson, du Centre de Recherche et d’Innovation du Rosé. A partir d’une étude portant sur un millier d’échantillons de vins rosés du monde entier, il a défini quelques grandes tendances fortes, comme : une baisse du taux d’alcool (de 12, 82% en 2004 à 12, 46% en 2015) ; une couleur de moins en moins soutenue (un indice d’intensité colorante divisé par deux en 10 ans, de 0, 80 à 0, 37 – et 0, 18 pour les rosés de Provence !)

L’avenir du rosé

Il apparaît donc que la consommation mondiale de rosé s’inscrit dans une logique assez globale ; dans ce contexte la France, et les vins de Provence en particulier, ont plus que jamais leur carte à jouer. “L’avenir du rosé s’appuiera sur un travail de plus en plus pointu sur les saveurs, la maîtrise des savoir-faire, l’adaptation aux changements climatiques, la connaissance toujours plus approfondie des cépages et des terroirs, mais aussi la réponse aux attentes sociétales, concernant les intrants, l’identité régionale des vins… Cela va obliger les producteurs à aller vers toujours plus d’exigence : un rosé, cela ne se décide pas la veille des vendanges, c’est le travail d’une vie”.

Illustration en fin de Master Class avec la dégustation de cinq vins illustrant la diversité des rosés de Provence sur le millésime 2015, sur des terroirs plus ou moins en altitude ou proches de la mer. Coteaux d’Aix (Vignerons du Roy René), Coteaux Varois (Château d’Ollières), La Londe (Château Sainte-Marguerite), Sainte-Victoire (Château Coussin), ou la future dénomination “Notre-Dame des Anges” avec Château La Mascaronne : la Provence a encore beaucoup d’atouts à abattre dans la partie mondiale qui se joue autour du “phénomène” rosé.