La marque de vins la plus célèbre de Provence agrandit encore sa famille pour ses 70 ans avec un vin bio.

Jean Bagnis, négociant niçois, avait eu l’idée en 1947 de vendre son vin dans une bouteille bourguignonne étiquetée Estandon alors que les marchands commercialisaient des vins livrés en dame Jeanne et qui étaient ensuite servis au pichet. À l’époque, seuls les grands crus de Bordeaux et de Champagne étaient vendus en bouteille. Peu à peu, les flots de touristes qui débarquent l’été sur la côte varoise vont faire le succès de ces rouges et rosés en bouteille. Personne ne se souvient du pourquoi d’Estandon qui était un patronyme rare venu d’ailleurs, mais qu’importe le nom, pourvu… En 1973, quelques coopératives varoises se regroupent pour fournir les raisins et quand la famille Bagnis, qui possède également le Chateau Crémat à Bellet, commence à connaître quelques difficultés, elles rachètent la marque et la société de distribution en 1998.

L’union coopérative devenue le Cercle des Vignerons de Provence relooke alors la bouteille qui passe de bourguignonne basse à la bordelaise.

Une forte cote de sympathie

En 2005, les Vignerons de Provence fusionnent avec le Cellier de Saint Louis, devenant le principal producteur de vins en Provence (environ 10% de la production totale). « À l´époque, la marque pesait 200-300 000 cols, se souvient le directeur Philippe Brel. Mais à partir de 2007, elle affichait une croissance continue et aujourd’hui elle représente 1,2 à 1,3 millions de bouteilles. La reprise en mains a d’abord été prudente. Elle avait perdu de sa superbe mais elle avait gardé son aura et un fort capital sympathie en région et à l’international. Encore maintenant, la marque est souvent une référence pour plusieurs générations, associée à des souvenirs d’enfance et aux vacances en Provence ».

Philippe Brel décide rapidement d’investir dans la qualité (une certification de traçabilité AgriConfiance depuis 2007) et dans les habillages. Depuis 1977, la marque est devenue un AOC Côtes de Provence avec la reconnaissance de l’appellation et depuis le début du millénaire, la mode est passée du rouge au rosé. La société a commencé à décliner la gamme qui compte en 2012, une dizaine de références. « C’est là que nous nous sommes résolus à abandonner le nom de Cellier de Saint-Louis et à adopter pour l’union de coopératives (300 vignerons-2000 ha) la marque ombrelle Estandon Vignerons qui représente au total près de 20 millions de cols ».

Une grande famille

La marque, aujourd’hui essentiellement en rosé, n’a guère changé : un assemblage de différents terroirs pour un profil « tendre, rond et chaleureux, aromatique mais pas exubérant, l’archétype en somme du vin de Provence, avec un seul assemblage et donc une seule qualité du 1er janvier au 31 décembre, en bouteille au fur et à mesure des commandes » insiste Philippe Brel. Estandon a d’ailleurs investi fin 2015 dans une toute nouvelle unité d’embouteillage à 15 000 bouteilles/heure équipée d’un procédé innovant d’injection de gaz inerte pour chasser tout risque d’oxydation. Elle a également développé les bag-in-box premium de 2 litres et la demande ne cesse de croître pour les grands formats, du magnum au jéroboam. En 2017, la marque est conjuguée en 5 vins pour la restauration et 6 cuvées pour les grandes surfaces, en Côtes de Provence mais aussi Coteaux Varois et Méditerranée.

Moins qu’une extension de la gamme par les appellations, Estandon mise sur les moments de consommation comme Insolence à l’apéritif, Légende, rosé de garde pour la gastronomie…. Et pour fêter cet anniversaire, elle lance sa première cuvée en bio sous marque Estandon, Le Temps des Vignes, en collaboration avec les Vignerons de Correns, premier village bio de France.