Patrick Guiraud, président de l’association SudVinBio, porte un regard enthousiaste sur le dynamisme du vin bio à l’occasion de l’édition 2016 du salon Millésime Bio, qui se tient au Parc des expositions de Montpellier du 25 au 27 janvier. Entretien.

La première édition du salon s’est tenue en 1993. Que de chemin parcouru depuis…
Effectivement, nous étions 27 producteurs en 1993 et cette année ce sont environ 900 exposants qui seront présents. D’une dimension locale, le salon s’est progressivement ouvert aux autres régions françaises ainsi qu’aux autres pays producteurs, de l’Italie à l’Autriche, du Chili à la Slovénie. Pour autant, le salon est toujours porté par la structure SudVinBio, une association interprofessionnelle qui assurait aux origines la promotion des vins bio du Languedoc-Roussillon et qui défend aujourd’hui la viticulture bio dans son ensemble. Par conséquent, les acteurs de la viticulture bio de l’aire de production Midi-Pyrénées demeurent les plus représentés lors de ce salon professionnel. Et comme lors de la première édition, tous les acteurs présents disposent de stands rigoureusement identiques, tant en surface qu’en présentation, et ce quelques soient les volumes produits. Les régions sont toujours mélangées pour susciter des découvertes. Mais légère nouveauté cette année, nous proposons un plan téléchargeable pour permettre d’optimiser davantage les visites !

Combien de visiteurs attendez-vous cette année ?
La précédente édition, en 2015, a été un excellent cru puisque 5000 visiteurs sont venus sur le salon. Nous espérons donc atteindre au moins le même niveau de fréquentation cette année, et peut-être même une augmentation de l’ordre de 5% à 10%. Au-delà de nos visiteurs habituels, un nombre croissant de metteurs en marché conventionnels se rendent sur le salon pour rencontrer des professionnels de la filière. Car la viticulture bio n’est plus une niche. Elle s’est organisée et structurée et la plupart des acheteurs souhaitent désormais développer leur propre gamme de vins bio. Le salon est donc devenu pour beaucoup d’entre eux une étape incontournable. Et pour les accompagner, nous avons mis en place une partie pédagogique en partenariat avec l’Institut Français de la Vigne (IFV) sous forme de conférences qui permettront d’informer sur les problématiques spécifiques de la viticulture biologique et de donner des chiffres clés sur les marchés.

La production française de vin bio connait-elle toujours en forte croissance ?
A l’heure actuelle, la viticulture biologique au niveau national couvre 60 000 hectares pour approximativement 1, 6 millions d’hectolitres. L’aire de production Midi-Pyrénées demeure la première région productrice puisqu’elle représente à elle seule 24 000 hectares pour un volume d’environ 1 million d’hectolitres. La croissance a été particulièrement forte au cours des 10 dernières années. Les surfaces concernées ont été quasiment multipliées par 5 sur la période. Le rythme de croissance n’est plus aujourd’hui que de 6% par an, ce qui demeure une progression importante. En parallèle, la consommation augmente à un rythme plus soutenu, de l’ordre de 8% de croissance annuelle, et a atteint les 600 millions d’euros. Nos consommateurs sont assez jeunes, convaincus par le respect de l’environnement, à l’instar des jeunes vignerons qui représentent la moitié des nouvelles installations en bio.

Quelles sont les régions françaises les plus dynamiques en matière de viticulture bio ?
Outre l’aire Midi-Pyrénées, la région PACA s’inscrit comme l’une des principales régions avec ses 14 000 hectares en bio, suivi de près par l’Aquitaine avec 8 000 hectares. A elles trois, ces régions représentent près de 80% des surfaces de vignes bio. Bien évidemment, il existe de nombreuses initiatives locales dans les autres régions mais à plus petite échelle. La force de Millésime bio est de d’avoir une offre qui couvre la plupart des appellations et représente près de 40% des surfaces viticoles bio françaises. Les grandes tendances sont également mises en lumière, à l’instar de la biodynamie qui fait de plus en plus d’adeptes sans toutefois encore être une véritable lame de fond.

La réglementation de la viticulture bio est-elle satisfaisante ?
Une avancée majeure que nous attendions de longue date a eu lieu en 2012 avec l’obtention de l’agrément des produits bio. Auparavant, les vins étaient simplement issus de l’agriculture biologique mais, depuis cette date, nous avons également un cahier des charges de vinification. Cela signifie que les intrants lors de la vinification sont désormais également certifiés bio. Par ailleurs, les évolutions réglementaires à venir se feront au gré des progrès techniques qui seront réalisés. Car la viticulture bio n’est absolument pas figée et évolue en permanence, tant au niveau des techniques viticoles qu’œnologiques.