Mercredi 15 Juillet 2026
©M Sarrazin
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Date
15.07.2026
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À Fronsac, le château de La Rivière entend écrire une nouvelle page de son histoire prestigieuse : et il en a les moyens. Un an après son acquisition par le fonds d'investissement GFI (Global Food Investments), géré par le groupe Signet, la propriété dévoile une stratégie où patrimoine, vins et œnotourisme sont valorisés et se répondent pour accentuer le rayonnement d’un des sites les plus spectaculaires du vignoble bordelais.
Ici, l'histoire est partout. La tradition fait remonter les origines du site à Charlemagne qui aurait implanté une forteresse sur ce promontoire dominant la Dordogne, tandis que le château actuel, magnifique, fut édifié au XVIᵉ siècle. Un parcours conduit jusqu'au mystérieux et secret Bain des Dames : nichée au cœur des bois, cette vénérable piscine en pierre, tout en alcôve, est constamment alimentée par une eau de source. Mais sous le plateau calcaire qui porte le vignoble et le parc, s'étend un véritable monde souterrain : plusieurs hectares de galeries sont à température constante et constituent un patrimoine unique dans le Bordelais. À l’origine carrière de pierres, elles ont servi durant la Seconde Guerre mondiale à cacher bon nombre de bouteilles de Saint-Émilion, l’appellation toute proche. On les parcourt avec intérêt, tant l’esthétique vous charme : ici des stocks de bouteilles destinées à vieillir et entreposées avec rigueur, là un passage décoré d’une porte taillée avec goût dans le calcaire, ici une longue table où l’on célèbre le vin à l’occasion de dégustations. On sort de ces galeries sur une vaste terrasse qui offre l'un des plus beaux panoramas sur la vallée de la Dordogne.
« Nous avons ici quelque chose d'unique à Bordeaux », résume Sébastien Long, président du Château de La Rivière. « Nous voulons préserver cet héritage tout en construisant un avenir ambitieux pour la propriété. »
Cette ambition passe toujours par le vin. Si les rouges de Fronsac demeurent naturellement la colonne vertébrale de la gamme, la diversification est désormais pleinement assumée. Le blanc sec, produit depuis plusieurs années, voit son identité renforcée autour du sauvignon gris : « sa proportion va progressivement augmenter », nous dit Xavier Buffo, le directeur historique du lieu. Le rosé complète l'offre estivale tandis que le Crémant de Bordeaux devient l'un des axes majeurs du développement, un virage qu’on ne peut manquer tant le consommateur est demandeur. Mais est-ce un crémant de plus dans le panorama bordelais ?
Pour Xavier Buffo, directeur historique du domaine, cette évolution s'inscrit dans une réflexion de long terme : « Nous voulons créer des vins qui expriment pleinement ce terroir, tout en ouvrant de nouvelles perspectives au domaine. » On se plait à rêver que les exceptionnelles caves accueillent un vin de réserve et un crémant vieilli sur lies, voire des cuvées élevées en grands formats : presque un inédit à Bordeaux.
Autre pilier du projet : l'œnotourisme. Déjà parmi les propriétés les plus visitées du Bordelais (30 000 visiteurs par an), La Rivière souhaite enrichir l'expérience proposée aux visiteurs sans céder au tourisme de masse. « Nous privilégierons toujours des petits groupes pour préserver la qualité de la visite », explique Claire Dawson. Arrivée il y a quelques mois pour développer l'hospitalité et l'expérience, sa venue illustre parfaitement cette volonté de faire du château une destination autant qu'un domaine viticole.
Cette montée en gamme s'accompagne de l'ouverture récente de cinq chambres d'hôtes (5 clés), de nouvelles formules de visites, du développement des séminaires d'entreprises et de projets immersifs valorisant les galeries souterraines et l'histoire du site. Une vision que partage Amélie Duboc, directrice commerciale et marketing, arrivée en début d’année, riche d’une grande expérience professionnelle elle aussi, et qui imagine déjà de nouvelles expériences immersives permettant de raconter les huit siècles d'histoire du domaine tout en faisant découvrir ses vins.
Le château La Rivière est emblématique de l’appellation Fronsac. Son patrimoine devient un peu plus le moteur d'une stratégie où l'histoire nourrit l'avenir, avec l'ambition de placer davantage Fronsac parmi les appellations qui comptent dans le paysage bordelais, d’autant que ses vins jouent habilement la carte de l’équilibre plaisir-profondeur.


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