Le viticulteur de Prémeaux-Prissey, près de Nuits-Saint-Georges, a fait le choix avec l’ensemble des organisateurs d’un report sine die des Grands Jours de Bourgogne, événement professionnel majeur dans la région.

Plus de 2500 importateurs, cavistes, restaurateurs, sommeliers et journalistes du monde entier étaient attendus du 9 au 13 mars, dans différents événements organisés de Mâcon à Chablis. Le point sur cette annulation sans précédent en trois questions.

La manifestation annonçait moins de 5000 participants*. Pourquoi ne pas l’avoir maintenue ?
En effet il était légal de maintenir l’événement. La décision est d’autant plus difficile. Mais c’est une question de responsabilité. Les autorités nous ont demandé de prendre en compte les nationalités présentes. D’après les inscriptions, nos visiteurs devaient venir de plus de 50 pays différents. Avec, après la France, l’Italie comme pays le plus représenté. Quand on voit les courbes de l’épidémie là-bas, on se dit qu’on a fait le bon choix.

Quelles conséquences peut-on craindre pour la filière ?
C’est un salon dédié au business, on aura forcement un ralentissement économique. D’abord beaucoup de commandes passées habituellement pendant les Grands Jours ne se feront pas. Ce report, c’est aussi des prises de contact, des rencontres qui n’auront pas lieu. Le principe de l’événement est de rassembler un grand nombre de vignerons au même endroit, au même moment. Sans cela, les acheteurs devront aller de domaine en domaine, et donc restreindre leur tournée.

Quelques groupes de vignerons ont organisé leurs propres dégustations hors du cadre officiel. Qu’en pensez-vous ?
C’est une très bonne chose. Des visiteurs, étrangers notamment, avaient prévu leur voyage de longue date. Ils pourront être accueillis. Ces vignerons ont été réactifs, grâce aux réseaux sociaux ils ont pu s’organiser en quelques jours. Si à notre échelle le risque était trop élevé, cela paraît raisonnable quand il s’agit de petits groupes isolés.

* La limite fixée par arrêté pour tout rassemblement en milieu confiné au moment du report des Grands Jours de Bourgogne. Depuis le 8 mars, cette limite est passée à 1000 personnes.