Près de 7.500 demandes de nouvelles plantations de vignes ont été déposées dans le cadre du nouveau dispositif entré en vigueur en janvier, ce qui devrait déboucher sur un accroissement limité du vignoble français, d’environ 3.600 hectares, a indiqué jeudi FranceAgriMer.

7.459 demandes ont été déposées par des vignerons entre le 15 mars et le 17 mai, soit l’équivalent de près de 7.800 hectares. Elles vont désormais être instruites par l’établissement public, qui délivrera les autorisations à partir du 31 juillet.

Mais “nous savons qu’il y a des erreurs (de calcul des surfaces) par les producteurs, des demandes qui ne sont pas éligibles, d’autres qui seront plafonnées par des limitations régionales”, a expliqué à la presse Anne Haller, déléguée pour la filière viticole.

Au final, “nous devrions délivrer environ 3.590 hectares d’autorisations de plantations nouvelles”, prévoit-elle.

Ce chiffre est “assez proche de ce qu’on a toujours distribué”, et inférieur de moitié à l’accroissement autorisé par le nouveau dispositif européen d’autorisation de plantation de vignes.

Entrée en vigueur au 1er janvier, cette réglementation autorise les Etats-membres à accroître leur vignoble dans la limite de 1% de la superficie nationale totale déjà plantée, soit pour la France environ 8.000 hectares.

Pour certaines zones, produisant notamment des appellations d’origine contrôlée (AOC), des contingents régionaux limitent la superficie pouvant accueillir de nouvelles vignes.

En théorie, le dispositif européen ouvre la voie au retour des vignes dans des zones qui en sont dépourvues depuis longtemps, comme l’Ouest ou le Nord.

Mais seules 23 demandes de plantations de vignes hors des bassins actuels de production de vin ont été déposées, soit environ 15 hectares, selon FranceAgriMer.

Les demandes de plantation de vignes destinées à la production de vins non couverts par une indication géographique (AOC ou IGP), anciennement “vins de table”, sont elles aussi assez peu nombreuses.

Elles représentent environ 200 hectares, si l’on exclut le cas particulier de la région de Cognac, où des demandes portant sur 2.500 hectares ont été déposées, soit dix fois plus que le contingent régional de 250 ha.

“Dans certains endroits, il peut y avoir eu un petit effet d’emballement”, analyse Mme Haller : face au petit contingent, les vignerons demandent plus d’autorisations qu’ils n’en ont réellement besoin, pour être sûrs d’en obtenir au moins une partie.