Ci-dessus : Pierre et Estelle Clavel (photos P. Martinez)
Ci-dessus : Pierre et Estelle Clavel (photos P. Martinez)

Le plus grand salon des vins bio au monde bat son plein depuis hier matin et jusqu’à demain soir au Parc Expo de Montpellier. Dans les allées, les visiteurs internationaux se pressent aux abords des stands. Tour d’horizon de quelques infos et cuvées glanées à la volée.

Domaine Clavel, Pic Saint-Loup
En attendant les Terrasses

Pierre et Estelle Clavel nous régalent millésime après millésime avec leurs beaux vins du Pic Saint-Loup. Des vins qui leur ressemblent, fins, souriants, généreux. Goûtez donc Cascaille, leur blanc tout en fruit (bel assemblage de Marsanne, Roussane, Viognier, Grenache Blanc, Vermentino, Clairette), et succombez à leur grande cuvée Des Clous 2016 (70% Syrah – 30% Grenache), une merveille d’équilibre et de gourmandise. Malgré deux millésimes compliqués par les intempéries et le mildiou, les Clavel continuent de signer des vins de haute précision. On a hâte de déguster leur prochain bébé, issu de vignes reprises en Terrasses du Larzac. Pour l’instant en cours d’élevage, on espère le découvrir très prochainement.

Domaine de Cébène, Faugères
La voie de la biodynamie

Brigitte Chevalier, qui signe des vins cristallins sur les grands terroirs de schistes de Faugères, a entamé depuis un peu moins de deux ans une conversion vers la biodynamie, réalisant ses propres préparats. Cette nouvelle étape dans sa trajectoire de vigneronne confirme le caractère aérien et ciselé de ses vins, qui gagnent de plus en plus en définition et en verticalité. On aime particulièrement la cuvée Felgaria 2016, à dominante de mourvèdre, un modèle de distinction et de tonicité sublimant un fruit mûr à point. Toutes les autres cuvées sont à l’avenant, équilibrées, fines et élégantes.

Borie la Vitarèle, Saint-Chinian
En haut de l’affiche

L’appellation Saint-Chinian multiplie les initiatives qui témoignent de son dynamisme et de sa belle qualité d’ensemble. L’opération Vins Virtuoses, qui s’est déroulée cet automne à New York, en est une magnifique illustration. Lors de cette huitième édition, c’est la cuvée Midi Rouge du domaine Borie la Vitarèle qui a décroché la plus belle note moyenne après la dégustation à l’aveugle de ses millésimes 2015, 2010 et 2008. Midi Rouge, c’est la cuvée “haute couture” de ce beau domaine mené par Cathy Izarn et sa fille Camille. Elles ont un talent fou pour sublimer les terroirs de Saint-Chinian – argilo-calcaires, schistes, crès – et en tirer des cuvées d’une insolente plénitude. le blanc du Grand Mayol 2016 (clairette, vermentino, bourboulenc) est une belle entrée en matière avec son fruit explosif, tout comme le rouge “de soif” Les Cigales 2018, un grenache-cinsault de pur plaisir en macération courte. Avec Terres Blanches 2017, récompensé d’une médaille d’argent au Challenge Millésime Bio, c’est un trio syrah-grenache-mourvèdre sur terroir argilo-calcaire, croquant et juteux, qui emporte l’adhésion. Les Schistes 2016 (60% syrah, 40% grenache) séduit par son nez profond, sa bouche charnue et soyeuse. Une merveille à 16,30 €. Les Crès 2015 (terroirs de galets, 70% syrah, 30% mourvèdre, pigeage au pied par Camille) affiche un profil plus dense, concentré, mais toujours suave et sensuel dans sa texture. Sa version 2016 est encore plus solaire, mais tout aussi fraîche. Enfin, Midi Rouge 2015 (syrah et mourvèdre sur crès, grenache sur argilo-calcaire, carignan centenaire sur schistes) vinifié en demi-muids et élevé 24 mois, se révèle malgré son élevage encore un peu pregnant, un modèle d’harmonie entre terroirs et cépages – complet, complexe, puissant et vibrant, tonique et sanguin, ciselé, persistant. A 39 €, il faut impérativement le mettre dans sa cave.

Château Peybonhomme Les Tours, Blaye Côtes-de-Bordeaux
Atypique & énergique

Situé sur de très beaux terroirs du Blayais, sur la rive droite de Bordeaux, le château Peybonhomme Les Tours se distingue avec ses cuvées bio au style élancé et ultra digeste, signées par Guillaume et Rachel Hubert. Le frère et la sœur ne manquent ni d’idées ni d’inspiration pour bousculer les préjugés sur le Bordelais. Exemple avec la cuvée sans soufre Les Cousines 2017, un 100% merlot croquant à souhait (12 €), avec L’Atypic 2017, un assemblage malbec (60%) et cabernet franc (40%) al dente, plein de mâche et de gourmandise, ou encore avec la cuvée château 2016, plus classique (70% merlot, 20% cabernet franc, 10% malbec) mais doté d’une très belle allonge. On aime particulièrement la cuvée Énergies 2016, 60% merlot 40% malbec élevée en amphores : grande pureté de fruit et de texture, jolis amers en finale, tension… A 22 € c’est de toute beauté !

Domaine Saint-Paul, Châteauneuf-du-Pape
Pas moins grand que Grand Tinel

Situé au sud de l’appellation, ce vignoble de 15 hectares, “petit frère” version bio du “grand” domaine Grand Tinel (56 hectares à Châteauneuf et 22 en Côtes du Rhône), signe de très jolis vins sans exubérance, qui emballent par leur netteté et leur cohérence. Le châteauneuf blanc 2016 (60% grenache blanc, 40% roussanne, 27 €) digère très bien son élevage en barriques de 2 vins, pour une belle aromatique et une vraie persistance saline. Le vacqueyras rouge 2016 (80% grenache, 20% mourvèdre, 14 €) est un super rapport qualité-prix, juteux, sanguin, parfaitement à point dans son registre du Rhône méridional. Bel équilibre sur le châteauneuf rouge 2016 (80% grenache, 20% syrah, 28 €), très net, gourmand, porté par des tanins soyeux. A noter, une cuvée 100% syrah, L’insolite 2015, produite uniquement sur les “grands millésimes”.