(photo : Baudouin)
(photo : Baudouin)

À deux heures au sud-est de Paris, le vignoble de Chablis ressemble à une oasis viticole, nichée au sein de vastes cultures céréalières. C’est la Bourgogne du nord, plus discrète que sa voisine beaunoise. Et plus simple, avec quatre appellations seulement : Petit Chablis, Chablis, Chablis premier cru et Chablis grand cru. Le tout en chardonnay, seul cépage autorisé. Comme le résume bien Louis Poitout, membre de la fédération de défense de l’appellation, « le chardonnay, il y en a partout sur la planète, mais le caractère minéral qui ressort à Chablis, on ne le retrouve nulle part ailleurs ». Ce que confirment les six maisons et châteaux à avoir ouvert leur porte pour une Escapade publiée dans Terre de vins n°67, actuellement en kiosque.

Épisode 6 : Domaine Louis Moreau

Dans les règles de l’art
Un chablis 2018 (14,80 €), et sa fraîcheur qui envahit le palais. Un premier cru Les Fourneaux 2017 (20,50 €), au nez beurré et à la trame iodée, idéal sur des saint-jacques grillées. Ou encore ce grand cru Les Clos 2014 – grande année de garde – parfait en magnum (87 €). Bienvenue dans l’univers de Louis et Anne Moreau. Leur objectif : faire des vins de terroir. « On tient à avoir cette identité chablisienne », affirme Louis, qui représente la sixième génération de vignerons chez les Moreau. « On veut de la typicité, voire un peu d’austérité dans nos vins. Pour les premiers crus et grands crus, on va chercher du jus, un fruit pas trop mûr, et surtout de la complexité. » Pour y parvenir, le vigneron prône un travail de précision : fermentations plus longues, petites cuves, travail sur lies fines, et, surtout, pas de fûts de chêne. Même les grands crus sont élevés en cuve Inox, afin de ne pas altérer l’identité des vins. « Nos clients nous disent : c’est Chablis », se réjouit Anne, qui rappelle quelques conseils de dégustation. Ses vins, issus d’un terroir puissant et protégés en cave, peuvent parfois être sur la retenue. « Dans ces cas-là, il ne faut pas hésiter à les décanter trente minutes ou une heure », propose-t-elle. Même si la meilleure solution reste… la patience. « On peut attendre cinq à sept ans sur un chablis, parfois plus de vingt ans pour un grand cru. Là, on se fait vraiment plaisir ! » Dans le caveau de dégustation, on retrouve d’ailleurs quelques 2011, 2013 ou 2014. Et certains millésimes plus anciens sur demande. Les Moreau en plaisantent : « Ça peut nous chagriner de voir un chablis ouvert trop tôt. »
DOMAINE LOUIS MOREAU – 89800 BEINE
03 86 42 69 44 – Site internet

Épisode 1 : La Chablisienne
Épisode 2 : Domaine du château de Fleys
Épisode 3 : Château de Béru
Épisode 4 : Domaines Courtault et Michelet
Épisode 5 : Domaines Long-Depaquit