Pierre Raoux, le fis de Philippe Raoux connu pour être propriétaire du château d’Arsac, vient de mettre sur le marché Le Garage de Papa. Une micro-cuvée qui réinvente le concept du vin de garage, à la sauce médocaine.

Les amateurs se souviennent de la mode des “vins de garage”, cuvées confidentielles produites dans des installations techniques de taille très réduite, qui ont commencé à fleurir dans les années 1990 sur la rive droite de Bordeaux. Une mode qui a connu quelques histoires à succès, tant sur le plan critique que commercial. Pierre Raoux, dont le père Philippe est le propriétaire bien connu du château d’Arsac à Margaux, réactive cette pratique en terres médocaines avec sa cuvée “Le Garage de Papa”, mise en marché le 1er janvier.

Pour l’heure, seul le millésime 2014 de cette cuvée est disponible. Et pour cause, Pierre Raoux s’impose de laisser vieillir les bouteilles jusqu’à ce qu’elles soient à point pour être consommées, dans des chais à température et hygrométrie contrôlées. “L’idée est de sortir le vin cinq ans après la mise”, précise Pierre, qui ajoute que “le millésime 2015 sortira fin 2020”. Une immobilisation courageuse et coûteuse pour Pierre. Ce principe garantit de proposer un vin “prêt à boire mais avec une aptitude au vieillissement”. Un point d’équilibre qui permettra à chacun d’y trouver son compte.
Cette cuvée est en appellation Haut-Médoc. 5000 bouteilles sont produites, dont 3000 sont réservées pour la France. Le reste partira en Californie ou en Chine.

Une vinification qui met des moyens

Composée à 70% de cabernet sauvignon et à 30% de merlot, cette “cuvée un peu confidentielle” vient de “parcelles sélectionnées” et offre un nez de fruits rouges (fraise écrasée, groseille), plaisant, sans agressivité, agrémenté de légères notes toastées. La fermentation se déroule en barrique pour 17% de la récolte, puis “toute la production a été mise en barrique” pendant 17 mois (80% en barrique neuve et 20% en barrique d’une année). La bouche est soyeuse, pas bodybuildée, mais portée néanmoins par une belle matière, ronde, qui enveloppe. Une matière qui présente un bon équilibre, grâce à un boisé bien dosé, déjà bien intégré. A l’évidence, l’extraction a été maîtrisée, surtout rien d’exagéré. Un vin élégant mais qui a conservé de la garde, et une “expression de terroir préservée” nous dit Pierre Raoux avec satisfaction.

La bouteille est sobre, avec des épaules un peu plus marquées qu’à l’ordinaire, rappelant ainsi les bouteilles du milieu du XXème siècle. De quoi faire vibrer la fibre nostalgique de certains et suggérer qu’il s’agit bien d’un vin sérieusement fait, plutôt haut de gamme. Dans ce même esprit, le culot est un peu plus prononcé également.

Les restaurateurs* y trouvent leur compte : voici un vin avec déjà quelques années d’évolution qui intéressera le client, évitant ainsi une immobilisation en cave (un problème classique pour les restaurateurs). Quant aux consommateurs, ils trouveront ce vin, pour le moment dans la région bordelaise, à un prix situé entre 22 et 25 € au “Pavillon des vins de Bordeaux” à la gare, ou à la boutique Cash Vin du Pian Médoc. Mais on trouvera également “Le garage de Papa” sur www.pr-ws.com

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(*) A Bordeaux par exemple : Le Noailles (place Tourny), Moelleuse et Persillée (Quai des Chartrons) ou encore le bar à vin Aux 4 Coins du Vin (Place St Pierre).