Alexandre Freguin est sorti épuisé mais heureux de sa finale (photos JB)
Alexandre Freguin est sorti épuisé mais heureux de sa finale (photos JB)

Alexandre Freguin a été sacré à Londres, confirmant que ce concours réussit toujours aussi bien aux expatriés. Sous le regard de Gérard Basset, Meilleur sommelier du monde 2010, le Hongrois Tamas Czinki et Pierre Brunelli, un autre tricolore, complètent le podium.

A 29 ans, Alexandre Freguin, un autodidacte de la sommellerie originaire d’Aix-en-Provence, a perpétué une sorte de tradition qui veut que les Français expatriés de l’autre côté de la Manche remportent avec régularité le concours annuel du Meilleur sommelier d’Angleterre. Le jeune provençal qui travaille dans le Nord du pays, au Moor Hall restaurant & rooms à Aughton, succède ainsi à Mathias Camilleri, un autre français sacré un an plus tôt et aujourd’hui en poste à Singapour.

La chance de voir un tricolore triompher dans les salons de l’hôtel Savoy où se disputait la dernière phase de l’épreuve désormais soutenue par la maison Taittinger était grande puisque six des douze candidats retenus à l’issue des sélections régionales avaient été formés en France. Enfin presque puisque le futur vainqueur affiche un parcours atypique. Celui d’un jeune qui s’est pris de passion pour un métier découvert un peu par hasard et vécu intensément désormais…

« Je pense que je viens de faire la démonstration qu’avec détermination on peut faire quelque chose de bien. Il suffit de se lever deux heures plus tôt chaque matin et de travailler ! » Des efforts déjà fournis en 2017 qui lui permettaient d’atteindre alors la demi-finale de ce même concours. Mais celui qui a accompagné Mark Birchall dans la création de son propre restaurant il y a un peu plus d’un an, a du caractère et envie de repousser ses limites. « En début d’année, j’ai obtenu la qualification pour le quart de finale lors de la sélection régionale organisée à Manchester en compagnie de Tamas Czinki et Pierre Brunelli, un autre français. Et nous venons de nous retrouver en finale ensemble. »

Une dégustation parfaite !

Le podium anglais est donc doublement tricolore alors que le candidat originaire de Hongrie n’a pas permis à la France de faire un carton plein puisque Mikael Grou et Rudy Lemétayer avaient atteint eux aussi la demi-finale.

Dans l’ultime bataille pour le titre, les organisateurs mobilisés autour de Nicolas Clerc, au autre Français vainqueur de cette même épreuve en 2007, ont su proposer des ateliers passionnants et sélectifs. Et celui qui a fait l’essentiel de la différence en faveur d’Alexandre Freguin a pris le forme d’un exercice de dégustation en trois temps. L’Aixois fut alors le seul à reconnaître les trois vins blancs, des Chablis de différents niveaux de qualité et, surtout à situer en Italie les trois vins suivants, un blanc et deux rouges, que ses adversaires avaient tous identifiés comme originaire de la vallée de la Loire. « Dans un premier temps j’ai pensé comme eux. Sancerre pour le blanc et Chinon pour le premier rouge, mais dans ma tête quelque chose ne collait pas. Et c’est seulement le troisième vin qui m’a mis sur la bonne voie. Il y a un an, je n’aurais sans doute pas tout remis en cause. Là j’avais une certitude et je suis reparti de zéro ! »

Sous les yeux de Bastien Debono, un autre provençal qui l’a rejoint à Aughton et qui a partagé avec lui son expérience française des concours – il était finaliste du Meilleur jeune sommelier de France il y a un an – Alexandre Freguin n’a donc pas volé son titre.

Ci-dessous : le podium final avec Tamas Czinki, Alexandre Freguin et Pierre Brunelli.