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Nature, vous avez dit nature !

Auteur

Marie-Pierre
Delpeuch

Date

09.03.2024

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Après s’être penché sur les vins bio et sans sulfites*, Claude Reynaud récidive avec « Le vin naturel existe-t-il ? Bon plan ou arnaque ? ». Le vigneron du Château de Bosc à Domazan (Gard) remonte le cours de son histoire, ses défauts et qualités, son avenir. Ou comment séparer le bon grain de l’ivraie.

Vous vous passionnez pour les vins sans sulfites et pour les vins « nature ». Pourquoi ces sujets vous intéressent-ils ?
Quand j’ai écrit mon premier livre, il y avait beaucoup de désordre dans les vins « nature ». Aujourd’hui, personne ne sait ce que c’est. Tout le monde en fait, en parle et pourtant c’est interdit d’étiquetage, ce qui met un frein à tout cela. Est-ce bien ou pas ? C’est un perturbateur sans papier. Tant qu’on ne se mettra pas autour d’une table, on n’y arrivera pas. J’ai cherché une définition qui est, pour moi, celle-ci : un vin est « naturel » s’il ne porte pas atteinte aux consommateurs. 

Il existe pourtant un syndicat des vins nature !
C’est une aberration d’avoir un syndicat alors qu’ils ne peuvent pas exister ! Ils ont créé un logo « Vin méthode nature » mais qui n’est pas officiel puisqu’ils n’ont jamais rien obtenu. Ils ont simplement obtenu un « porté à la connaissance de ». L’INAO et les Fraudes (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) n’ont jamais donné de réponses officielles.

Il y a beaucoup plus de vignerons qui se revendiquent « nature » en s’affranchissant des AOC et des consommateurs qui recherchent ces vins…
Je comprends qu’ils en aient assez de toutes ces contraintes. On peut faire de bons vins sans les revendiquer. L’essentiel est que les vins ne soient pas déviants. C’est une fraude au code du vin, avec interdiction de commercialisation. Certains clients vont les accepter mais si la DGCCRF s’en mêle, ils risquent de s’attirer les foudres. C’est interdit ! Une étude montre que 70 % des vins sans sulfites ou « nature » présentent des défauts. De plus en plus se lancent sans maîtriser la vinification. Il y a bien une volonté de consommer des produits qui se rapprochent au plus près de la nature, sans chimie. Les prix sont plus élevés, cela se comprend aussi. Mais ce n’est pas un effet de mode que de consommer plus sainement.

« Le vin naturel existe-t-il ? Bon plan ou arnaque ? »
Éditions Libre & Solidaire
19,90 €