On la dit secrète, elle aime à préserver ses avantages sans s’isoler pour autant. L’association Pomerol Séduction, regroupant dix propriétés, a à cœur de faire partager sa passion pour le merlot et pour ses terroirs à celles et ceux qui le désirent. Démonstration avec cette master class.

Pomerol compte ce qui est sans doute l’un des domaines les plus célèbres au monde : Petrus. Situé dans le Libournais, sur la rive droite, sur et autour du plateau de Pomerol, ses cuvées sont majoritairement issues de merlot (entre 70 et 90 %), assorties de cabernets francs (apportant la fraîcheur), parfois de cabernet sauvignon.

Les dix amis à l’origine de l’association sont des propriétés qui font ou on fait la renommée de l’appellation, et leur présence respective permet de démontrer l’ensemble des styles présents sur l’appellation. Aujourd’hui, à Lyon Tasting, les participants ont donc la chance de déguster le Clos du Clocher, le Château Nénin, le Château La Pointe, le Château Beauregard, le Château Clinet, le Château La Conseillante, le Château Mazeyres, le Château Vieux Maillet, le Château Rouget et enfin le Château Gazin.

Chaque domaine a donc sa personnalité, et ses amateurs : la fraîcheur, la souplesse et le fruité de Mazeyres ; le velouté et l’harmonie de La Conseillante ; l’élégance classique de Nénin ; la puissance, le soyeux et le potentiel du Clos du Clocher…

Le millésime 2016 à l’honneur

Grand millésime dans le Bordelais, 2016 a magnifié Pomerol. Cela sonne comme un beau cadeau d’anniversaire pour les dix ans de Pomerol Séduction, où les merlots et cabernets (franc principalement mais aussi sauvignon), ont donné le meilleur d’eux-mêmes, que ce soit sur les terroirs argilo-sableux, argilo-graveleux ou argileux.

Ce millésime, d’abord pas particulièrement rassurant avec un climat pluvieux, s’est révélé à l’arrivée de l’été, qui fut très chaud, offrant de belles maturités. Cuvées juteuses et concentrées, puissantes tout en restant élégantes, veloutées et soyeuses, articulées autour du cassis, d’arômes floraux (de la violette principalement) et d’arômes secondaires et tertiaires commençant à être délicatement présents (torréfaction comme au Clos du Clocher ou chocolaté comme au Château Clinet).

Un avenir

Si les surfaces restent donc majoritairement plantées en merlot, la proportion de cabernet franc tend à augmenter légèrement, en réponse au réchauffement climatique. Le merlot peut subir de fortes chaleurs à la condition qu’il ait principalement grandi sur les argiles bleues, plus élastiques et se fragmentant sous l’effet de la chaleur, permettant à la vigne d’aller puiser l’eau lorsque la terre s’assèche. Sans quoi, il peut gagner la bataille, mais avec plus d’incertitudes.

Le réchauffement climatique n’est pas la seule perspective environnementale prise en compte par les Pomerolais, dont certains ont déjà franchi le cap de la bio (Château Beauregard et Château Mazeyres), et plusieurs d’entre eux mettent en œuvre certains préceptes de la biodynamie, notamment sur les aspects phytosanitaires. Les préconisations stellaires et astrales semblent avoir moins de prise pour le moment sur Pomerol que dans d’autres contrées viticoles.

Cette belle dégustation fera l’objet d’un focus dans le prochain numéro de Terre de Vins, à paraître en novembre.