De gauche à droite : Emma McGrath, Claire Taittinger, Pierre Emmanuel Taittinger and Patrick McGrath MW de Hatch Mansfield
De gauche à droite : Emma McGrath, Claire Taittinger, Pierre Emmanuel Taittinger and Patrick McGrath MW de Hatch Mansfield

Au Pavillon Cambon, à partir de 10h aujourd’hui, la maison Taittinger participe à la journée de dégustation parisienne de “Terre de Vins” : l’occasion privilégiée de goûter à l’élite champenoise. Rejoignez-nous !

“Merci aux Anglais qui nous soutiennent depuis 300 ans”. Pour Pierre-Emmanuel Taittinger, créer un domaine dans le Kent, c’est combiner l’avenir de la maison éponyme et aussi saluer la longue histoire entre les oœnophiles britanniques (premier marché export de la maison Taittinger) et les bulles champenoises.

Traduction le 3 mai dernier où, plantoir à la main, la famille Taittinger, son distributeur en Angleterre, Hatch Mansfield, associé à cet investissement, les producteurs de bulles britanniques (et quelques valeureux journalistes capables d’apprécier le climat local, j’en suis… si si), ont planté sur de magnifiques parcelles préparées par l’équipe de la maison rémoise, les plants de chardonnay, pinot noir et pinot meunier qui donneront en 2023 les premières bouteilles du domaine Evremond. Une première tranche de 20 hectares – d’autres suivront – au cœur d’un territoire agricole digne d’une image d’Épinal, le Kent, au sud ouest de Londres, appelé “jardin de l’Angleterre” et pour cause : la campagne anglaise est ici un modèle d’esthétisme avec ses vallons et ses bois, ses moutons couverts d’une épaisse toison pâturant dans une herbe verte à loisir, ses champs de pommiers et de poiriers, ses petits villages tout en briquettes ocres et boiseries blanches, et ses jardins à l’anglaise, of course.

Bucolique mais pas que

Les fondations de cette nouvelle aventure sont bien entendu basés sur une analyse très précise : on retrouve en effet ici la veine de craie du bassin champenois (comme à Cognac), un climat océanique, moins gélif qu’en Champagne, propice aux cépages aimant la fraicheur, une production locale de vins effervescents de très bonne qualité… et un prix à l’hectare en moyenne quatre fois inférieur à celui de la Champagne. Sachant que la demande mondiale de bulle pèse 4,5 milliards (en progression constante), que les champenois représentent l’élite mais une toute petite partie de l’offre, il y a donc de quoi croire aux débouchés d’autres flacons de qualité.

C’est par ailleurs le constat déjà fait au domaine Carneros, en Californie, acquis il y a vingt ans. Dédiée aux effervescents, la production est à 90% vendue sur place, avec une offre œnotouristique bien rodée et un rapport qualité prix-performant (exit les coûts de transport…)

Économique mais pas que

Il y a le lien historique et affectif : le père de Pierre-Emmanuel Taittinger jumela la ville de Reims dont il était maire à celle de Canterbury. Il y a aussi l’œil du président de la mission Unesco : “une de mes priorité est l’embellissement de la Champagne. Une opération ‘nez en l’air’ a été lancée, on photographie toutes les verrues du paysage et des villages, on envoie les images aux municipalités, sans obligation aucune mais pour sensibiliser. On s’aperçoit qu’on peut en supprimer, petit à petit, il y a une prise de conscience. Ici c’est un modèle en terme de qualité du paysage, on ne peut que s’en inspirer et inviter à découvrir cette très belle région”.

Et à trois heures du voisin français, les perspectives touristiques sont évidentes… Bientôt un Taittinger World Tour ? Champagne, Kent, Californie… with pleasure !