(photos ©SudVinBio)
(photos ©SudVinBio)

Avec l’annonce des nouveautés du prochain salon 2023, Millésime Bio a présenté une étude sur la notoriété et la perception des labels bios.

Pour le prochain Millésime Bio, le premier salon de vin bio du monde a commandité une étude CSA pour comprendre la place du bio sur les quatre marchés français, belge, britannique et allemand dans le paysage face à la multiplicité des labels. N’ont été pris en compte que ceux ayant pour facteur commun l’interdiction systématique de l’utilisation de produits de synthèse, le contrôle annuel par un organisme indépendant et une reconnaissance au bout de trois ans, y compris les labels complémentaires prolongeant le cahier des charges bio comme ceux en nature et biodynamie. N’ont pas été retenus dans l’étude les labels vegan, HVE, RSE, Terra Vitis et Vignerons Engagés. Il apparaît que 89 % du panel de 1000 personnes interrogées savent ce que signifie le label bio (avec 96% de reconnaissance du  logo) devant la mention Raisonnée, RSE et biodynamie. Quelque soit le pays, les labels bios apparaissent comme les plus connus, surtout en France et en Allemagne, un peu moins en Grande-Bretagne, la biodynamie étant davantage reconnue en Allemagne, la RSE en France. Les critères majeurs de choix du bio restent l’environnement, la santé du consommateur et les qualités organoleptiques, le prix étant considéré comme justifié selon la déclaration de plus de 60% des répondants. Le label se démarque par une notoriété plus forte et un gage de confiance pour environ 7 personnes sur 10 dans tous les pays. « Les labels bios se sont imposés en termes de référence, même si il faut continuer à éduquer et à sensibiliser pour augmenter leur notoriété et renforcer la communication sur la non utilisation des produits de synthèse » commente Nicolas Richarme, président de SudVinBio. Les consommateurs sont d’ailleurs en attente d’autres démarches de la filière comme la réduction des emballages, une utilisation durable des ressources naturelles, à une production sans soufre, un commerce plus équitable, la préservation de la biodiversité, les circuits courts étant surtout demandés en France et en Belgique, la réduction de l’empreinte carbone en Grande Bretagne.

Un salon unique au monde en pleine progression

Le salon, unique car porté par une association de producteurs, avait démarré avec 15 exposants en 1993, pour atteindre 277 en 2008, 902 en 2017 avant de franchir la barre d’un millier avant le Covid, « Et nous espérons pour le prochain salon atteindre les 1500 avec 18 pays représentés, précise Jeanne Fabre, présidente de Millésime Bio. Nous visons 10 000 visiteurs, un chiffre que nous avions déjà atteint en 2020 avant la crise sanitaire, notamment grâce à l’ouverture à d’autres boissons alcoolisées et cette année, au vrac », sans oublier le salon digitalisé du 23 et 24 janvier.

Autre nouveauté : un nouvel espace spécifique aux jeunes vignerons (de moins de 40 ans et installés depuis sept ans maximum). Pour les 30 ans du salon, il est prévu une soirée à l’opéra Berlioz de Montpellier, et un grand forum sur l’avenir de la filière. Seront également évoqués les problématiques du réchauffement climatique et de la ressource en eau. Dans l’attente des résultats du marché bio 2022, Nicolas Richarme a rappelé que « la production avoisinait 2,2 M hl depuis trois ans, et qu’elle devrait se rapprocher des 3 M hl cette année dont 60% issus d’Occitanie ». Si les ventes semblent peiner sur certains circuits de distribution comme la Grande Distribution ou les cavistes, elles se maintiennent au global grâce au poids des ventes directes en circuits courts qui avoisinent les 45%. « Nous notons toujours une croissance par pallier avec une belle offre bio (le taux de de conversion est stable autour de 4% par an) qui n’est pas en crise dans la viticulture, contrairement à d’autres filières bio » insiste Nicolas Richarme. La France est d’ailleurs devenue le plus grand vignoble bio du monde avec 159 868 ha dont 90 298 en bio et 69 500 en conversion – seulement 13 426 ha en 2001. Elle a ainsi doubler cette année l’Espagne (142 177 ha) et l’Italie (117 318 ha). Le vin représente 20% de la Surface Agricole Utile (SAU). L’Hexagone a enregistré en 2021 un chiffre d’affaires de 1,7 Mds€, en croissance de 23% sur deux ans entre 2019 et 2021 (+ 9% en 2021). « Comparé aux autres filières autour de 10%, le vin apparaît comme un bon élève, souligne Nicolas Richarme. Bridés par le manque de volumes, nous avons d’abord privilégié le marché français, mais aujourd’hui, la marge de développement est à l’export qui a déjà progressé de 57,5% en deux ans avec un CA de 552 M€. Il va falloir se battre à l’international pour aller chercher de nouveaux marchés ».