Le rosé millésimé 2008 arrive en marché et devrait rafraîchir de ses bulles pimpantes le cœur de l’été. Voici une (petite) sélection de (grandes) marques.

A bien des égards, les conditions météorologiques que nous observons depuis le début de cette année en Champagne ont des points communs avec 2008 : hiver doux et pluvieux, gelées d’avril, printemps humide, floraison tardive, début d’été à l’insolation déficitaire.
En 2008, le film s’est poursuivi par un mois de juillet orageux, août frais et peu ensoleillé. Mais début septembre, le retour d’un temps sec, ventilé, ensoleillé le jour, frais la nuit a accéléré la maturation tout en maintenant une acidité élevée.
Il en a résulté des chardonnays vifs, des pinots élégants, bref une fraîcheur des jus et une tension des vins qui livrent aujourd’hui des rosés millésimés d’une grande finesse.

Veuve Clicquot : première vinification sous bois

Chez Veuve Clicquot, 2008 est la première vinification du chef de caves Dominique Demarville, c’est aussi la première fois qu’une partie de la vinification s’est faite en foudres de chêne pour les millésimés. « Grâce à l’ajout dans l’assemblage de 5% de vins vinifiés dans nos foudres, je donne une largeur et une complexité supplémentaires au vin, sans toucher au style de la Maison, explique le chef de caves. C’est l’effet « épices » que nous recherchons en permanence chez Veuve Clicquot ».

Après 8 ans de cave, « le bébé » arrive en marché. La robe est rose cuivrée. Le nez évoque la cerise pochée au sirop léger, les notes parfumées mêlées de nombreuses fleurs séchées en pot pourri et çà et là un léger voile pâtissier. L’empreinte boisée se traduit plutôt en supplément de volume et de dimension en bouche. Vineux, fin et gourmand à la fois. On l’imagine bien avec une verrine de fraises et tuilettes à l’orange pour un accord d’arômes. 62 €.

61% pinot noir dont 14% en vin rouge, 34% chardonnay, 5% pinot meunier.

Moët : la puissance des apéritifs du soir

Le rosé 2008 de Moët & Chandon est souvent décrit par une aromatique précise de subtilités végétales de buis et d’orange sanguine. Une fois un peu monté en température (12-13 °C), l’échantillon dégusté y ajoutait une bouche charnue délicieuse au fruité puissant de cranberries, se prolongeant longtemps dans la bouche. Assurément, pour un apéritif-dinatoîre d’été, il fera merveille sur un noble pata negra dont il enrobera la chair et le gras. 55 €.

46% pinot noir dont 20% en vin rouge, 32% chardonnay, 22% pinot meunier.

Henriot : finesse, toujours la finesse

La tradition, ça a du bon. Avec Henriot, pas de doute : les bulles seront précises et l’assemblage marqué par le chardonnay. Même ce rosé à la patine certaine garde son flegme aristocratique. La structure reste très vive en bouche, sur laquelle s’épanouissent des arômes de fruits jaunes, de réglisse, mais aussi des réminiscences nette d’écorces d’agrumes. Le vin reste très persistant. Son acidité et son aromatique nous orientent volontiers vers la tomate confite ; sa texture vers la chair serrée des saint-jacques ou d’autres fruits de mer proches. On verrait bien un feuilleté de saint-jacques et son coulis de tomates au bruccio, pignons et tomates confites, qu’en pensez-vous ? 45 €.

58% pinot noir dont 20% vin rouge, 42% chardonnay.

Pour plus d’infos sur le rosé millésimé 2008, voir « l’essentiel du Champagne » dans « Terre de Vins » n°42, actuellement dans les kiosques.