Anjou noir, Saumur et Bourgueil… Une centaine de vignerons bio participent à la Paulée. (photo Estelle Offroy)
Anjou noir, Saumur et Bourgueil… Une centaine de vignerons bio participent à la Paulée. (photo Estelle Offroy)

Dans le Val de Loire, La Paulée d’Anjou rassemble une centaine de vignerons bio parmi les meilleurs, des rives du Layon jusqu’à Bourgueil, en passant par Saumur, dans une belle volonté de valoriser le terroir local. Explications.

La Paulée d’Anjou 2020 s’annonçait exceptionnelle : prévue le 22 juin à Saumur, la fête devait rassembler les vignerons bio de l’Anjou noir (Layon), de Saumur et, événement historique à l’échelle des vins de Loire, de Bourgueil et Saint-Nicolas-de-Bourgueil. “Le schiste et la calcaire, le chenin et le cabernet, un condensé de Loire et un clin d’œil au grand duché d’Anjou du XIe siècle”, résume Ivan Massonnat, président de l’association (et propriétaire du domaine Berlargus, Layon/Quarts-de-Chaume). Las, le Covid-19 est passé par là, et la fête a pris une autre tournure. “Nous organiserons une Paulée, mais entre vignerons, en octobre.” Avant bien sûr une nouvelle édition en 2021.

Bio, terroir et humanisme, les valeurs de la Paulée

En attendant, le groupe publie déjà une charte, qui formalise les grandes lignes du projet de la Paulée : du bio (certifié ou en conversion), de la convivialité, et l’attachement au terroir et au patrimoine angevin et ligérien. Mais aussi, peut-on lire, “les valeurs humanistes si souvent incarnées par les vigneron(ne)s du Val de Loire : ouverture d’esprit et tempérance, entraide intergénérationnelle favorisant l’installation de jeunes talents, etc.”

Ainsi, ce qui a démarré en 2012, à l’initiative notamment du vigneron Jo Pithon, comme un simple dimanche de dégustation dans le vignoble, a pris depuis 2019 à la surprise générale (y compris des vignerons eux-mêmes), une toute autre tournure… Organisée à la Coulée de Serrant, fameux domaine de Savennières et sans nul doute un des plus beaux vignobles de Loire, la Paulée 2019 et ses 43 vignerons a attiré plusieurs centaines de professionnels du vin. Au programme : balades dans les vignes, exposés didactiques sur la biodynamie ou la biodiversité, dégustation et, le soir, dîner gastronomique dans le cadre somptueux des Greniers Saint-Jean, à Angers. Une Paulée plus ambitieuse, qui attire des “pointures” du Mondovino. “Eric Asimov, du New York Times, n’avait jamais mis les pieds en Anjou. Maintenant si, et il a passé une journée dont il se souviendra”, évoque par exemple Ivan Massonnat. Le très influent sommelier chinois Lu Yang, (Master sommelier) devait parrainer l’édition 2020. “L’objectif de la Paulée, ce n’est pas de vendre du vin. Ce n’est pas un salon, c’est du ‘soft power’”, une volonté affichée et sans complexe d’inscrire les vins bio d’Anjou dans la galaxie des grands vins du monde.

“Des vignerons qui croient en leur terroir”

Au-delà, cette belle énergie a déjà réussi à créer des liens quasi-inédits entre vignerons, dans un vignoble qui aime les querelles de clocher et les batailles en ordre dispersé. “Un vigneron ne peut pas réussir tout seul, il faut que toute la région réussisse. Je crois en la dimension collective, explique Ivan Massonnat. Et à la Paulée, il n’y a que des vignerons qui croient en leur terroir.” Il n’y a surtout que des vignerons bio, et ce n’est sans doute pas anodin, car ce sont les mêmes qui font déjà le succès des salons Off d’Angers, fin janvier, l’autre success story de Loire… En octobre, cette nouvelle vague de vignerons ligériens – une centaine sont d’ores et déjà attendus – pourront préparer l’édition 2021 de la Paulée d’Anjou, qui célébrera en prime ses 10 ans. “On ne sait pas où va s’arrêter cette dynamique, sourit Ivan. Mais c’est parti !”

www.pauleedanjou.com