Sa sincérité est désarmante, Maxime Renault, ancien ouvrier viticole, rêve depuis son enfance de produire ses propres cuvées. Ses quelques ares ne suffisent guère, alors il a trouvé trois amis pour se lancer dans une aventure plus collective autour de la marque Max & Friends, consacrée exclusivement à l’élaboration de coteaux champenois !

Maxime Renault est le fils d’un ouvrier viticole de Champillon. Dans la famille, on possède quelques ares de vignes, à Hautvillers notamment, mais pas suffisamment pour en vivre. Vinifier a toujours été un rêve de gosse. A 14 ans, il a déjà sa carte de récoltant et à 19, il réalise sa première cuvée. « J’ai fait cela dans un bidon de 10 litres. Cela a marché ! Je m’en faisais une montagne. En réalité, c’est facile. Un enfant peut élaborer du vin ! »

Pour mener ses premières expériences, il bricole le weekend dans la cave de ses grands-parents, régulièrement inondée, puis dans celle de coopératives qui le laissent vinifier à part. Le reste du temps, il est obligé d’exercer une activité salariée. « Au début, j’étais jaloux de mes amis qui avaient plus de vignes que moi. En fait, c’était une chance. Si j’étais né dans une famille avec des hectares, j’aurais été conditionné à certaines choses, je n’aurais pas pu m’exprimer librement comme aujourd’hui ». Maxime voyage. Il rencontre des vignerons qui l’inspirent comme Pierre Overnoy « Quelle pureté ! S’il y en a un qui sait ce que c’est que la vinification naturelle, c’est lui ! ». Il passe par la viticulture bio, puis biodynamique, pour finalement abandonner ces deux approches. « La biodynamie enferme, ce sont des pratiques vieilles d’un siècle qui n’ont pas bougé. Tout change, la vie change ! Cela m’empêchait d’être moi-même. On dit que l’humain est important, pourtant on laisse presque passer la nature avant l’humain. C’est ce que j’ai fait, mais c’était lié à mon manque d’amour et d’estime personnelle ».

Maxime dénonce aussi la course aux logos, et cette hiérarchie ridicule, avec tout en bas les conventionnels, ensuite les HVE, les bios et enfin les biodynamistes, convaincus d’être au-dessus de tout le monde. Il a soif d’ouverture : « J’ai envie de ramener plein de gens dans mes vignes, des personnes qui travaillent sur la musicothérapie, des mathématiciens, des philosophes… » Il se passionne aussi pour la permaculture « Entre les rangs, il y a des fraises, c’est un vrai petit jardin où j’essaie de recréer un écosystème, qu’il y ait une harmonie, des oiseaux, des fleurs, de la vie ! Si je n’avais pas été vigneron, j’aurais été paysagiste. Le vin ne se fait pas à la cave, mais à la vigne. Avant d’être un grand vinificateur, il faut être un grand vigneron, et avant d’être un grand vigneron, il faut avoir un grand cœur ! »

S’il essaie d’abord de lancer ses propres vins seul, il lui apparaît rapidement que l’aventure pour être un succès ne peut être que collective. D’où la création de Max & friends il y a deux ans, qui compte aujourd’hui quatre associés : Maxime, Cyrille Taczynski, vidéaste, Virgile Lacroix et Julie Marano, co-gérants de l’Agence Cideo. Grâce à cette structure commune, il réunit un domaine viticole plus important (1ha80) et le matériel de vinification installé dans une ferme à Romery.

L’originalité de cette nouvelle marque ? Elle ne produit que des coteaux champenois. « Ce sont des vins que l’on ne peut pas maquiller. Avec le champagne, la prise de mousse transforme le vin, sans parler de la liqueur. Je voulais élaborer des vins qui soient les plus purs possibles, les plus proches du jus de raisin ». De fait, l’approche est très peu interventionniste : levures indigènes, zéro sulfite… « Le seul produit que vous trouverez dans notre cave, c’est du savon bio pour la nettoyer ». Le rouge 2020, de très belle facture, ne présente aucune déviance. C’est un vin vif, avec des arômes de cassis, de cerise cuite et de tabac. Il devrait sortir sur le marché dans les prochains mois…